Le chantier des Tours Sisters va peut-être enfin pouvoir être lancé. Attaqué par son voisin, l’assureur MACSF (via ses sociétés Les Horbouts I, Les Horbouts II Immobilier), le permis de construire du projet des deux tours siamoises, développé par la foncière Unibail-Rodamco-Westfield (URW) vient d’être validé par le Tribunal administratif de Cergy.

L’assureur français contestait l’autorisation délivrée le 14 mars 2017 par la mairie de Puteaux (la ville de l’implantation des deux tours) tout comme il l’avait déjà fait pour le défunt projet de la tour Phare il y a quelques années. Si à l’époque l’entreprise propriétaire et occupant de l’immeuble du Triangle de l’Arche, voisin de l’opération avait été débouté de son recours en première instance puis en appel, son insistance à faire annuler le projet de la Tour Phare avait payé. La foncière URW avait finalement renoncé à bâtir sa tour Phare au profit d’un projet plus modeste, celui des Tours Sisters.

Mais malgré ça, le nouveau projet d’URW devant être érigé sur la place Carpeaux, juste à côté du Cnit ne plait toujours pas à MACSF qui le voit d’un mauvais œil. Dans sa requête l’assureur contestait l’étude d’impact du permis de construire qu’il considère comme « lacunaire ». Un argument qu’ont balayé les juges du Tribunal administratif estimant qu’avec 26 pages elle « n’est donc pas lacunaire comme le soutiennent les requérants ».

Le voisin dénonçait également le manque d’éléments des incidences des Tours Sisters sur l’environnement une fois qu’elles seront construites, dans le dossier du permis de construire. Là encore le Tribunal a rejeté les reproches.

Un objectif de livraison pour 2023 ou… 2025

Dans son jugement le Tribunal a également rejeté les reproches qui étaient faits sur le manque de places de stationnement (70 places seront disponibles en concession dans le parking Coupole-Regnault, situé juste à côté).

Pour son recours rejeté, le Tribunal administratif de Cergy a condamné la MACSF (et ses sociétés Les Horbouts I, Les Horbouts II Immobilier) solidairement, à verser une somme de 2 500 euros à la SCI CNIT Développement, représentée par URW.

Alors maintenant que va faire la MACSF ? Ira-t-elle en appel pour contester la décision du Tribunal et tenter de faire annuler le permis des Tours Sisters ? Pour l’instant l’assureur dit analyser le jugement du tribunal. Il a désormais un peu moins de deux mois pour prendre sa décision d’aller ou non devant la Cour d’appel de Versailles.

Si le combat judiciaire en reste là, URW pourrait lancer le chantier de ses Tours Sisters d’ici la fin de l’année avec comme pour objectif une livraison en 2023. Mais si appel il y a, le chantier serait dès lors possiblement retardé d’encore deux ans (le temps moyen d’une procédure en appel), avec une livraison pour l’horizon de 2025.

Imaginé par l’architecte Christian de Portzamparc, Sisters sera composé de deux tours représentant une surface d’environ 75 000 mètres carrés. La plus haute, celle de 230 mètres hébergera des bureaux tandis que la seconde, 130 mètres deviendra l’hôtel de la chaine Radisson. Annoncé en marge du Mipim, en mars dernier le complexe hôtelier proposera 350 chambres et disposera d’une piscine à débordement et de plusieurs services nichés à plus d’une centaine de mètres de haut, sur une grande passerelle reliant les deux tours.