Les voisins de la tour Marchand sont excédés par le bruit du système de climatisation

Les bruits des tours aéroréfrigérantes de la tour Marchand, hébergeant les bureaux de RTE à Courbevoie sont devenus la bête noire des riverains.

Philippe Gambini et sa voisine Emilie se plaignent depuis des années du bruit des tours aéroréfrigérantes de la tour Marchand - Defense-92.fr

Voilà plus de deux ans que le bourdonnement des tours aéroréfrigérantes de la tour Marchand leur fait passer des nuits blanches. A Courbevoie, au sein du quartier du Faubourg de l’Arche, la tour Marchand qui héberge les bureaux de RTE s’est attiré les foudres de ses voisins à cause de ses bruits permanents… Des nuisances sonores qui émanent des trois tours aéroréfrigérantes nichés sur le toit de ce petit building construit fin 80 et rénové entre 2005 et 2007. Des habitants des 32, 42 et 52, avenue de l’Arche ainsi que du 5, place des 3 Frères Lebeuf ont récemment signé une pétition en ligne, réunissant 108 noms sur Change.org pour faire stopper ces nuisances.

« Je suis arrivé en août 2015. Quand j’ai visité je me suis pas rendu compte tout de suite du bruit et il fallait faire une offre tout de suite car le marché immobilier est très tendu », explique Philippe Gambini, voisin direct de la tour Marchand et principal protestataire. « Je ne peux plus ouvrir ma fenêtre car le bruit nous empêche de dormir « . « Ça fait des années que l’on subit ces nuisances sonores et ce n’est pas normal », s’agace Emilie, sa voisine.

Deux études acoustiques ont été réalisées à la fin 2015

Après avoir fait appel à un avocat en octobre 2015 cet habitant dit avoir pris contact avec la mairie de Courbevoie. « Le problème date d’au moins 2014 (comme le prouve la vidéo ci-dessous, ndlr) et lorsque j’ai pris contact avec la mairie, ils étaient étonnés car ils pensaient que c’était déjà réglé », raconte Philippe Gambini. Egalement contacté par Philippe Gambini, RTE, l’occupant va le renvoyer vers le propriétaire de l’immeuble à ce moment-là représenté par BNP Paribas Real. Le propriétaire va alors dans un premier temps faire réaliser une étude acoustique en promettant à Philippe Gambini qu’en cas de non-respect de la loi, des travaux seraient menés.

Deux études acoustiques sont ainsi réalisées à la fin 2015 et aboutissent toutes les deux aux mêmes conclusions. La première dit que « Les émergences sonores spectrales et globales réglementaires ne sont pas respectées. L’installation est donc non conforme au décret (n°2006-1099) du 31 août 2006 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage », tandis que la seconde parle d’  » une gêne certaine » sur la terrasse, ainsi que dans les chambres et le salon, « particulièrement en période nocturne, après 22 heures » de l’appartement de Philippe Gambini. Les études recommandent alors aux propriétaires l’installation d’écrans antibruit pour stopper les tracas pour les très nombreux riverains impactés.

Le nouveau propriétaire de la tour Marchand et son locataire se renvoient la balle

Mais depuis tout a été bloqué. Et pour cause, l’immeuble a changé de propriétaire à la mi-2016 et est désormais dans les mains de LBO, un fonds d’investissement. Les deux parties se renvoient la balle pour savoir qui doit payer les travaux d’insonorisation. Voyant les choses traîner Philippe Gambini va donc assigner en référé RTE, ainsi que l’actuel et l’ancien propriétaire de la tour.

Du côté du locataire, on explique attendre les résultats de la procédure judiciaire qui devra déterminer qui est le responsable. « Nous avons déjà mis en œuvre une solution pour réduire le bruit en alternant les trois groupes », confie RTE qui doit quitter son immeuble d’ici la fin de l’année pour s’établir dans l’immeuble Window. Mais l’entreprise ne quittera pas totalement les lieux puisqu’elle y conservera son data center jusqu’à la fin 2020. Contacté, le gestionnaire technique pour le compte de LBO indique quant à lui simplement « qu’une expertise est actuellement en cours ».

Alerté le maire de Courbevoie Jacques Kossowski (LR) a convoqué le 30 mars dernier le propriétaire et le locataire pour leur demander de se répartir les frais pour une énième étude. Parallèlement, la municipalité a mandaté un cabinet pour réaliser des mesures acoustiques. Ces mesures réalisées les 13 et 14 juin derniers ont elles aussi estimé que le bruit de la tour était trop important. Et sans attendre les conclusions de la justice, la mairie a tranché en sommant dans un arrêté municipal du 18 juillet RTE de réaliser des travaux d’insonorisation dans les cinq prochains mois.