Les tours Hermitage refont parler d’elles… « Ce quartier (celui des Saisons, ndlr), est bloqué depuis des années par le projet des tours Hermitage. Ce projet est terminé », a lâché ce mardi Marie-Célie Guillaume, la directrice de Paris La Défense en marge d’une cérémonie sur le chantier de la tour Alto.

« Les relations contractuelles entre Hermitage et Paris La Défense sont terminées depuis un an et nous sommes même en contentieux au Tribunal de Grand Instance de Nanterre », a affirmé la DG de l’aménageur qui réclame au groupe russe 30 millions d’euros. « Ça c’est des mots pour nous mettre la pression. Je la comprends », se défend Emin Iskenderov, le président du promoteur Hermitage qui jure que le projet « n’est pas abandonné » et que « tous les acteurs principaux dont Bouygues travaillent dessus ».

Face à un chantier qui ne démarre pas dix ans après sa présentation l’aménageur perd patience. C’est pour ça que l’année dernière il lui a réclamé cette somme pour compenser l’immobilisation, d’une durée anormalement longue, du terrain et du volume à construire. « On ne doit pas payer tant qu’on n’a pas démarré les travaux. Quand on démarrera les travaux on payera beaucoup plus », affirme le promoteur.

Pour Emin Iskenderov « le protocole reste valide jusqu’en juin 2020 »

« Le protocole ne prévoit nullement de frais pour l’immobilisation du terrain, en partite propriété d’Hermitage. Les 30 millions d’euros était une disposition mise en place pour le cas où Hermitage demandait à commencer les travaux préparatifs », poursuit l’homme d’affaires russe. « Pour dénoncer un protocole il faut que le conseil d’administration de Paris La Défense l’annule ce qui n’est pas le cas, affirme-t-il en assurant que son projet est toujours sur les rails et que le protocole signé en 2010 reste valide jusqu’en juin 2020. Et justement le fait que Paris La Défense nous demandent 30 millions d’euros ça prouve bien que le protocole est toujours valable ».

Sauf que pour la patronne de Paris La Défense le protocole est bel et bien caduc. « Le protocole est éteint depuis le 30 juin (de l’année 2018, ndlr). Emin Iskenderov m’a écrit un courrier pour me demander de le prolonger, j’ai refusé », martèle Marie-Célie Guillaume qui dit chercher « une alternative » à ces deux tours devant remplacer l’ensemble des Damiers Anjou, Bretagne et Infra, vide de presque tous leurs habitants. « A l’intérieur du délai (de ce protocole, ndlr) jusqu’en juin 2020 lorsqu’Hermitage fait une demande c’est juste une confirmation de prolongation qui n’a pas à recevoir l’accord de Paris La Défense », rétorque Emin Iskenderov.

Le promoteur vise toujours 2024 pour ces deux tours géantes

« On a dû tout stopper lorsque l’on a appris que l’on avait un nouveau recours contre le permis de construire », rajoute Emin Iskenderov. Cet énième recours déposé en début d’année par l’association Vivre à La Défense « a été rejeté » par la Cours de cassation il y a quelques semaines, dit-il. Désormais le promoteur assure qu’aujourd’hui « plus aucun recours n’est donc possible » contre son mégaprojet chiffré à environ trois milliards d’euros.

Après plus d’un an de silence et une conférence de presse repoussée moult fois le promoteur russe l’assure : « on dévoilera le financement le moment venu » tout en promettant toujours une livraison de ses deux tours géantes de deux fois 323 mètres pour les Jeux Olympiques de 2024.

Il affirme en outre que les négociations avec un opérateur hôtelier pour exploiter le palace de l’une des deux tours sont toujours en discutions. « La commercialisation des appartements, ainsi que celle du centre commercial, débutera après le démarrage de la construction », ajoute par ailleurs un communiqué du promoteur diffusé ce mardi.