Le chantier de The Link va pouvoir débuter. L’assureur français Groupama a obtenu le 16 avril dernier le permis de construire pour ériger son nouveau mégaprojet de gratte-ciel baptisé The Link. Le permis de démolir de l’actuel bâtiment avait lui été délivré le 19 mars 2018. Dévoilé il y a deux ans, par Groupama, puis choisi par Total à l’été 2017 pour accueillir son nouveau QG mondial, The Link ambitionne d’être l’un des plus importants gratte-ciels du quartier tant par sa hauteur que par sa surface.

Imaginé par l’architecte Philippe Chiambaretta pour remplacer les anciens bureaux de Groupama dans le quartier Michelet en bordure du boulevard Circulaire, The Link sera composé d’une tour de bureaux assortie de deux ailes de 244 mètres et 174 mètres de hauteur, reliées par trente-cinq plateformes appelées « links ».

Le building de 169 000 mètres carrés, dont un peu plus de 130 000 consacrés à des surfaces de bureaux disposera de 52 étages pour sa partie la plus haute et de 36 pour la seconde. L’édifice offrira aux 3 500 futurs occupants de la tour une multitude de services avec plusieurs espaces de restauration, plusieurs auditoriums ou encore un pôle sportif. De nombreux espaces de verdure viendront agrémenter le complexe.

Une enquête publique et des centaines de messages trolls

Cette précieuse autorisation administrative décrochée par Groupama avait fait l’objet au début de l’année d’une enquête publique organisée à Puteaux, ville d’implantation du projet mais aussi à Courbevoie et sur internet. Durant cinq semaines chacun pouvait prendre connaissance du projet et y laisser son avis. Cette dématérialisation sur internet de l’enquête avait entrainé une avalanche de messages loufoques provenant vraisemblablement d’une seule et même personne. Decidé visiblement à polluer l’enquête, le troll avait posté près de 200 messages plus ou moins saugrenus du style « Non aux tours géantes ! vive les gilets jaunes et les petites maisons », « Aucune chance que cette tour se construise, le mouvement des gilets jaunes est trop puissant » ou encore « La dubaïsation de Puteaux continue… la prochaine étape le voile obligatoire ? Vivement Wauquiez président ».

Mais parmi ce flot de messages anonymes bizarres, quelques remarques étaient bien réelles comme celles de l’association d’usagers FNAUT qui s’inquiétait de la possibilité d’une saturation à venir de la station Esplanade de La Défense sur la ligne 1 du métro. Dans ses conclusions le commissaire enquêteur a estimé que les futurs occupants de The Link qui utiliseront les transports en commun « ne vont pas modifier substantiellement la situation existante » de la station Esplanade toute proche. Cependant il considère qu’il est « indéniable » qu’une amélioration rapide du fonctionnement de la station pourrait « diminuer le sentiment défavorable général qui résulte actuellement de cette problématique ».

En revanche si le commissaire enquêteur salue le respect de la procédure de l’enquête, la bonne présentation du dossier mais aussi la qualité de l’étude d’impact du projet, il émet cependant des réserves sur deux points. La première remarque porte sur la communication pendant la durée du projet tandis que la seconde s’inquiète de la « présence de plusieurs maitres d’ouvrages » autour de cette opération, rendant « particulièrement difficile la préparation et la présentation harmonisée et concomitante des projets ».

Le commissaire enquêteur donne un avis favorable

Ces deux remarques n’ont cependant pas alarmé le commissaire enquêteur qui a émis un avis favorable et donné deux recommandations. La première s’adresse au maitre d’ouvrage en lui demandant durant toute l’étape des travaux de « veiller à une bonne et constante information du public et des riverains », « au respect strict des obligations de sécurité et des horaires de travail ». La seconde recommandation qui est, elle destinée à l’aménageur lui demande à l’avenir pour les futurs projets de mieux présenter les aménagements publics qui y sont liés comme la transformation du boulevard circulaire sud en boulevard urbain, les espaces extérieurs et plantations et les opérations portant sur l’amélioration des transports en commun.

Désormais si le projet ne fait pas l’objet d’éventuels recours -les requérants ont deux mois à compter du 16 avril, date de la délivrance du permis pour formuler d’éventuels recours- émanant de ses nombreux voisins, la filiale immobilière de Groupama devrait lancer le démarrage des travaux de son énorme complexe au milieu de l’année avec une démolition des immeubles existants. Le chantier devrait alors être mené par le groupe Vinci. C’est à l’horizon 2023, -un an de plus que prévu à l’origine-, que le géant pétrolier pourrait alors investir son nouveau siège.