Le géant du BTP a rendu les conclusions de son enquête interne, un mois après avoir été mis en cause pour des écoulements de béton dans la Seine à Nanterre et a conclu à « un incident d’exploitation involontaire, anormal et exceptionnel ». En mars dernier lors d’une inspection de routine un garde-pêche de l’association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPMA 92 & 75 ouest) avait constaté avec effarement la présence massive de rejets d’une usine à béton de Vinci destinée à alimenter une partie du chantier Eole, le prolongement du RER E vers l’Ouest.

« Les premières constatations sur place ont permis de montrer que les écoulements n’étaient pas du béton mais de l’eau grise chargée de sable et de traces de ciment désactivé, c’est-à-dire ayant perdu ses capacités d’adhésion, affirme le groupe dans un communiqué. Une dizaine de mètres carrés de talus végétal ont été teintées par une fine couche grisée ; et un dépôt de sable comportant des traces de ciment sans cohésion s’est déposé en pied de quai dans le lit de la Seine sur une surface d’environ 20 mètres carrés et une épaisseur variable de 5 à 20 centimètres ».

Pour Vinci on est donc loin des milliers de mètres cubes déversés sur le rivage comme l’avait annoncé plusieurs médias, dont Defense-92.fr. « La quantité de matière déversée dans la Seine est donc estimée à moins de 5 mètres cubes », se défend Vinci.

« Aucune trace de pollution anormale en lien avec l’incident » pour Vinci

Et pour Vinci ces rejets n’ont pas d’impact significatif sur l’environnement du fleuve. « Des prélèvements d’eau et de matière ont été réalisés sur le point de déversement ainsi que quelques mètres en aval et en amont. Les résultats de ces analyses montrent que les matériaux prélevés sont inertes et que les échantillons d’eau ne présentent aucune trace de pollution anormale en lien avec l’incident », poursuit l’entreprise dans son communiqué.

Cependant le groupe de BTP dit « regretter » cet incident qui résulte selon lui de « dysfonctionnements ayant conduit à une sous capacité des installations de lavage des bétons ». Si cet incident s’est produit c’est que cette centrale à laquelle le maire de Nanterre, Patrick Jarry (DVG) s’était opposé en 2017 lors de sa création est placée en bord de Seine. Construite à cinq kilomètres du chantier, cette usine à béton permet d’assurer une livraison de 80 % des matériaux par voie fluviale et « ainsi minimiser le trafic routier et l’impact CO2 lié aux transports par camion ».

Si Vinci relativise désormais l’incident le groupe affirme qu’il a pris un « engagement ferme de remise en état en lien avec toutes les parties prenantes locales ». Un engagement qui est surtout devenu une obligation pour l’entreprise puisque la région Ile-de-France, présidée par Valérie Pécresse, principal financeur du projet d’Eole a voté récemment une suspension de ses subventions tant que la remise en état du site ne serait pas fait.