De la parole aux actes. La région Île-de-France a voté la suspension d’une partie des financements du projet de prolongement du RER E, dit « Eole ». La région qui ne remet pas en cause ce projet à 3,7 milliards d’euros qu’elle soutient à hauteur de 1,06 milliard d’euros entend faire pression sur Vinci, l’un des titulaires du marché après une pollution au béton dans la Seine.

Révélée en avril dernier par Europe 1, l’affaire avait fait grand bruit. Depuis la mise en service il y a moins de deux ans d’une centrale à béton, avenue Jules Quentin à Nanterre, en bordure de Seine par Vinci Construction (visa filiale e-déf) pour une partie du chantier Eole, il s’est avéré que le groupe de BTP a pendant des mois rejeté des tonnes de résidus de béton dans le fleuve. La découverte avait été faite il y a peu de temps par un garde-pêche de l’association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPMA 92 & 75 ouest).

La région suspend une subvention de 175 millions d’euros

Si l’entreprise de BTP avait alors rapidement reconnu les faits et promis de nettoyer le bord du fleuve, cette bévue a non seulement passablement agacé la ville de Nanterre qui s’était opposée en 2017 à cette centrale à béton mais aussi la région. Pour faire pression sur Vinci la région présidée par Valérie Pécresse (Les Républicains) a adopté ce mercredi 22 mai en commission permanente la suspension de ses subventions dont une de plus de 175 millions d’euros tant que la remise en état intégrale de l’écosystème du lit de la Seine et de ses abords ne sera pas effectuée.

De son côté, Vinci a de nouveau affirmé qu’il allait s’engager à réparer les dégâts. “Comme nous avons eu occasion de l’écrire par courrier daté du 10 mai 2019 à la présidente de région Ile-de-France Valérie Pécresse, nous nous engageons à remettre en l’état la zone concernée en lien avec la Ville de Nanterre, le Port autonome de Paris et les autorités administratives”, indique le géant du BTP.