Les commerçants du métro et du RER vont pouvoir souffler encore un peu. Ratp Travel Retail, la filiale de la régie des transports parisiens vient d’annoncer « des mesures sans précédent pour soutenir financièrement les commerces situés dans ses espaces ». Annoncée le 22 avril, la suspension des loyers depuis le 15 mars dernier pour les commerçants et restaurateurs implantés sur le réseau a finalement été prolongée. Cet accompagnement était initialement prévu pour s’arrêter le 11 mai, jour du déconfinement. Mais face à la baisse drastique des voyageurs dans le métro et le RER, la Ratp a décidé de prolonger cette aide jusqu’au 31 août.

« La RATP, à travers sa filiale Ratp Travel Retail, que je dirige, s’est engagée dès le début de cette crise sanitaire auprès de ses commerces, acteurs de proximité essentiels au dynamisme économique du réseau. Nous avons en effet, dès le 15 mars, suspendu la redevance minimale garantie pour l’ensemble des plus de 500 commerces présents dans nos gares et stations », nous confie Patricia Delon, la nouvelle PDG de Ratp Travel Retail.

Car pour la Ratp « la crise sanitaire sera durable, avec un effet important sur le chiffre d’affaires et la trésorerie des entreprises ». Les commerçants, quelle que soit leur taille, ne sont donc pas tenus de verser le loyer minimum garanti mensuel jusqu’au 31 août. « Seule la part variable de ce loyer, fixée en fonction de leur chiffre d’affaires annuel, sera due le cas échéant », précise la Ratp.

« Si on devait payer les loyers on sauterait tous »

Cette annulation des loyers est plutôt bien accueillie par les commerçants. A La Défense, le plus grand espace commercial de la Ratp avec une soixantaine de commerçants et restaurants sur les 500 que compte le réseau, cette annonce a rassuré. « C’est très bien, on est très contents. Mais la baisse est terrible, nous avons 70 % de clients en moins », note Alexandre Mahfouz, gérant de l’enseigne l’Univers de Léo. « Si on devait payer les loyers on sauterait tous. Ça nous soulage un peu mais on préférerait payer nos loyers et qu’il y ait du monde. C’est très dur », estime pour sa part Eric, directeur de l’enseigne de mode Shirel. Et lui aussi parle lui aussi d’une baisse de son chiffre d’affaire d’environ 70 %.

« C’est une reconnaissance de leur travail quotidien, à nos côtés. Une reconnaissance du rôle qu’ils jouent, qu’il s’agisse de commerces, de services, de grandes enseignes ou de commerçants indépendants. Tous répondent à un éventail large de besoins formulés par nos voyageurs et participent activement à la vie du réseau. Nous savons que cette période est difficile pour eux et nous leur offrons aujourd’hui le soutien financier qu’ils méritent. En cette période si particulière, il existe de nombreux moyens d’agir en tant qu’entreprise, de faire preuve de solidarité », poursuit Patricia Delon.

Si la Ratp refuse de communiquer sur le montant de cette mesure, la régie la chiffre à « plusieurs millions d’euros ». Mais pour l’entreprise cet effort financier rappelle « l’engagement total du groupe Ratp pour préserver les quelques milliers d’emplois que génèrent ces entreprises de proximité, actrices essentielles du dynamisme économique de son réseau et de ses espaces ».