Le Conseil d’Etat donne son feu vert pour les tours Hermitage

Le Conseil d'Etat a rejeté ce jeudi 26 juillet les recours des groupes Allianz et Axa portant sur les permis de construire des tours Hermitage Plaza.

Le projet des tours Hermitage Plaza - DR

Nouvelle avancée pour le groupe Hermitage. Le Conseil d’Etat a rejeté ce jeudi 26 juillet les recours des groupes Axa et Allianz visant les trois permis de construire des Tours Hermitage, a annoncé son promoteur immobilier vendredi. Les deux géants de l’assurance contestaient les permis de construire de ce vaste projet immobilier qui prévoit l’édification des deux tours jumelles de 323 mètres.

« La décision du Conseil d’État est une étape très importante qui confirme notre planning », indique dans un communiqué Emin Iskenderov, le président d’Hermitage qui promet une livraison de son méga-projet pour les Jeux olympiques d’été de 2024 à Paris.

En avril 2017, le promoteur russe Emin Iskenderov qui porte ce projet depuis une dizaine d’année, avait déjà reçu l’approbation d’une partie du voisinage qui bloquait jusqu’alors le chantier suite à une décision de justice.

Tous les voyants ne sont pas pour autant au vert pour Hermitage puisque le groupe immobilier attend toujours l’obtention d’un permis modificatif suite à une décision du 7 décembre 2017 de la Cour administrative d’appel de Versailles de suspendre l’une des trois autorisations.

Les partenaires financiers du projet dévoilé à la rentrée

Après avoir annoncé durant ces dix dernières années à maintes reprises le démarrage des travaux et le bouclage financier de son projet chiffré entre 2,5 et 3 milliards d’euros, le groupe Hermitage affirme avoir enfin conclu un accord avec ses partenaires financiers le 13 juillet dernier. Un tour de table incluant le constructeur Bouygues, partenaire minoritaire du projet qui devrait selon le promoteur russe être dévoilé à la rentrée lors d’une conférence de presse.

L’homme d’affaires russe peut se réjouir d’une autre précédente décision de justice en sa faveur : celle de l’expulsion imminente de neuf des dix-sept derniers occupants des Damiers Anjou et Bretagne. Cet ensemble de 250 logements avec le bâtiment Infra est voué à la destruction pour laisser place aux deux tours jumelles.

Emin Iskenderov peut également se féliciter de recevoir le soutien du maire de Courbevoie, ville d’implantation de son projet qui début juillet avait soutenu ce « grand projet architectural, vecteur d’attractivité pour le quartier de La Défense ». Jacques Kossowski (LR) s’était toutefois inquiété d’un « risque d’enlisement » de la construction des tours.

Reste que le promoteur va devoir passer à la caisse. L’établissement public Paris La Défense (PLD) en charge de l’aménagement et la gestion du quartier d’affaires attend toujours qu’Hermitage lui verse les 30 millions d’euros, montant correspondant à des accords successifs, s’ajoutant aux « droits à construire ». Une somme que le promoteur n’a jamais versée à PLD qui s’impatiente. De son côté Hermitage affirme que c’est à la signature de l’acte de vente des droits à construire que l’indemnisation sera versée. Cependant se disant dans un « esprit constructif » Emin Iskenderov dit avoir proposé à PLD de mettre ces 30 millions d’euros sous séquestre jusqu’à la signature de la vente.

Culminant à 323 mètres, les tours Hermitage Plaza situées à Courbevoie en bordure de Seine seront les plus hauts buildings jamais construits en Europe, taillant de six mètres le record de The Shard à Londres. Dessiné par l’architecte anglais Norman Foster le projet promet d’offrir « une mixité d’usages inédite à Paris ». Composé de deux tours, l’une de 86 étages et la seconde de 85 étages ainsi que de quatre plus petits bâtiments, le projet de 260 000 mètres carrés intégrera 160 000 mètres carrés de logements soit 540 appartements et penthouses (de 180 mètres carrés en moyenne), un hôtel de cinq étoiles de 40 000 mètres carrés, un restaurant et un bar panoramiques, le premier centre de thalasso panoramique en France, deux piscines, 37 000 mètres carrés de bureaux mais aussi 30 000 mètres de commerces, des équipements culturels ou encore une galerie d’art au pied des deux édifices. Au pied de cet immense ensemble, doit voir le jour une grande dalle piétonne qui surplombera la Seine et viendra recouvrir le quai du Président Paul Doumer.