Bouygues Bâtiment IDF prend une participation minoritaire dans le projet Hermitage Plaza

Le promoteur Hermitage et Bouygues Bâtiment Ile-de-France ont annoncé la prise d'une participation minoritaire du constructeur dans le capital de la SCI Hermitage Plaza mais aussi la mise en place de nouveaux procédés de construction permettant de réduire le délai du chantier de six ans à quatre ans et demi.

Le projet Hermitage Plaza - DR

Les groupes Hermitage et Bouygues Bâtiment Ile-de-France ont annoncé ce mardi 13 octobre, avoir conclu une « prise de participation minoritaire » du constructeur qui réalisera le chantier dans le capital de la SCI Hermitage Plaza, qui reste détenu majoritairement par le promoteur Russe.

Lors d’une conférence en présence de Bernard Mounier, le directeur général de Bouygues Bâtiment Ile-de-France, filiale de Bouygues Construction, Emin Iskenderov, le président du Groupe Hermitage s’est félicité de cet accord « C’est une nouvelle étape importante dans la concrétisation du projet ».

Les deux dirigeants n’ont en revanche pas souhaité préciser le montant de cette participation ni même le pourcentage en précisant simplement qu’elle était « minoritaire ». L’homme d’affaires russe avait à plusieurs reprises annoncé un démarrage des travaux notamment en avril dernier, où il espérait lancer le chantier en septembre de cette année. Il se veut aujourd’hui plus prudent sur le calendrier « très bientôt, on va annoncer la date de démarrage », a-t-il assuré. Le promoteur a également refusé d’apporter des détails sur le montage financier du projet et des différents investisseurs qui y participeront.

Cet accord financier formalise un partenariat technique conclu entre Hermitage et Bouygues établi ces six dernières années. Le promoteur-investisseur et le constructeur ont également annoncé qu’avec le « changement de technologie », la durée du chantier pourra être ramenée de six à quatre ans et demi -soit 18 mois en moins- notamment grâce une technique qui permettra de créer un nouvel étage tous les trois jours au lieu de quatre, pour un ouvrage classique. Concrètement Bouygues entend bâtir les niveaux en quinconces pour accélérer le rendement (par exemple, le 20ème étage coulé, le 22ème débute. Le 21ème est alors réalisé en même temps que le 23ème). Autre solution envisagée pour aller plus vite: une logistique « de pointe » et des méthodologies « innovantes » conduisant à la réalisation plus rapide des fondations, un assemblage des façades s’alignant sur le rythme de fabrication du gros œuvre et l’enchaînement simultané des corps d’état secondaires. Par ailleurs pour acheminer les matériaux, le constructeur souhaite créer une desserte fluviale le long de la Seine -dont l’enquête publique se déroule jusqu’au 6 novembre– et produire la production du béton sur place.

La méthodologie du chantier Hermitage Plaza - DR

La méthodologie du chantier Hermitage Plaza – DR

Conçues par l’architecte britannique Norman Foster, les Tours Hermitage Plaza qui s’élèveront à 320 mètres de hauteur en bord de Seine doivent développer 170 000 m² de logements de luxe -le prix du mètre carré doit se situer dans la fourchette la plus haute par rapport à ceux de Neuilly-sur-Seine, 40 000 m² de bureaux et un hôtel 5 étoiles s’étalant sur 40 000 m² dont le nom de l’exploitant sera révélé par le promoteur Russe en mars 2016, en marge du Mipim. Au pied des deux tours jumelles, un centre commercial de 30 000 m² sera construit ainsi que quatre petits bâtiments. Le tout devant représenter une surface de 350 000 m². Le projet Hermitage Plaza vise les certifications HQE (Haute Qualité Environnementale) ainsi que la mention BREEAM « Excellent ». Le coût de l’opération est chiffré à 2,9 milliards d’euros, foncier compris.

Mais avant de pouvoir lancer les travaux, Hermitage devra régler les procédures judiciaires dont certaines sont encore pendantes, mais qui ne sont pas de nature à empêcher l’opération, selon le groupe. Cependant il faudra pour le promoteur finaliser l’accord avec l’ASL, sans quoi il ne pourra pas procéder à la démolition des bâtiments existants à savoir les Damiers Infra, Anjou et Bretagne. Et d’ailleurs dans ces deux derniers immeubles il reste encore actuellement une vingtaine de familles. Emin Iskenderov a indiqué ne pas exclure de lancer des procédures d’expulsion si les choses ne devaient pas bouger. Cependant le promoteur a expliqué que la présence des derniers locataires sur les 250 présents initialement ne gênerait pas la construction des deux tours dans un premier temps.