Vers une réduction drastique de l’affichage publicitaire dans onze communes des Hauts-de-Seine. L’établissement intercommunal Paris Ouest La Défense (Pold) qui regroupe notamment les villes de Courbevoie, Puteaux, Nanterre, Rueil-Malmaison ou encore Neuilly-sur-Seine organise jusqu’à jeudi une enquête publique en vue de réguler la publicité et les enseignes sur son territoire.

Ce nouveau projet de Règlement Local de la Publicité (RLP) entend encadrer plus drastiquement les panneaux publicitaires sur les différentes villes mais aussi les enseignes des commerces. Dans la plupart des villes comme Nanterre et Courbevoie un très grand nombre de panneaux publicitaires installés dans le domaine privé est amené, si ce plan est acté, à disparaitre privant les bailleurs de loyers mais aussi les collectivités elle-mêmes en redevances. Le mobilier urbain (abris bus, sucettes publicitaires, mats de drapeaux, panneaux huit mètres carrés,…) pourra perdurer en étant légèrement limité.

Le quartier de La Défense qui est implanté sur les communes de Puteaux et Courbevoie et dans une moindre mesure sur Nanterre ne sera pas vraiment concerné par ce projet local étant donné le caractère atypique. Concernant la publicité dans le quartier d’affaires rien ne va vraiment changer comme l’a voulu l’établissement Paris La Défense qui tire du mobilier urbain d’importantes sources de revenus.

Des écrans publicitaires numériques de JCDecaux sur le parvis de La Défense – Defense-92.fr

Les écrans numériques de JCDecaux pourront rester

Les écrans numériques opérés par JCDecaux pourront rester mais cette fois-ci le règlement va en limiter le nombre à cinquante pour des dispositifs de deux mètres carrés et cinq pour des écrans de huit mètres carrés pour tout le territoire de La Défense classé en ZP4A. Si ces quelques écrans pourront donc rester, La Défense ne pourra en revanche pas devenir un Time Square. Tous les écrans numériques implantés sur du domaine privé seront proscrits. Cela devrait donc concerner l’écran géant d’une soixantaine de mètres carrés accolé à la façade du Westfield Les 4 Temps. Sauf que dans les faits le dispositif qui diffuse à la fois de la publicité mais aussi des informations du mall pourrait rester, au motif qu’il peut être considéré comme une « enseigne numérique », ce qu’autorise la nouvelle mouture du règlement. Les deux écrans géant de la Paris La Défense Arena devraient eux aussi pouvoir être maintenus. Cependant les écrans numériques, quelles que soient leurs dimensions, situés à l’intérieur des bâtiments, visibles ou non depuis l’extérieur comme des commerces, ne sont pas concernés puisqu’ils ne dépendent pas du RLP.

Concernant les panneaux classiques de mobilier urbain, également opérés à La Défense par JCDecaux ils ne pourront pas excéder les huit mètres carrés comme c’est déjà le cas actuellement. En revanche ces mêmes dispositifs seront interdits sur le domaine privé quel qu’il soit, uniquement s’ils sont visibles depuis le domaine public. Tous types de supports publicitaires installés par exemple à l’intérieur des parkings, commerces, centres commerciaux, lieux de transports,… pourront donc rester.

Pour la publicité hors-normes principalement installée sur les façades des centres Westfield Les 4 Temps et du Cnit, là aussi il n’y aura pas de changement. Qualifié comme un « dispositif de dimensions exceptionnelles », les grands adhésifs qui peuvent aller jusqu’à 3 000 mètres carrés comme sur le Cnit avec des publicités géantes pour Samsung notamment dépendront toujours du règlement national. Toutefois leur installation devra se faire en accord avec les mairies.

Une publicité géante pour Samsung sur le Cnit au printemps 2020 – Defense-92.fr

Les enseignes en haut des tours ne sont pas concernées

Concernant les enseignes géantes qui trônent en haut des tours et sur les centres commerciaux il n’y aura pas trop de modifications par rapport aux règles actuelles. Elles devront respecter les dispositions de la règlementation nationale et représenter jusqu’à 1/20 eme de la surface de la façade, dans la limite d’une hauteur de six mètres pour une hauteur de façade inférieure à 150 mètres et huit mètres pour une hauteur de façade supérieure ou égale à 150 mètres. Le nombre des dispositifs sera limité à deux pour des immeubles disposant de quatre façades, trois pour cinq à huit façades et quatre pour plus de huit façades. Les enseignes scellées au sol ne devront pas dépasser un format de neuf mètres carrés et leur hauteur excéder les 6,5 mètres. Pour les centres commerciaux supérieurs à 100 000 mètres carrés, dont le Westfield Les 4 Temps, les enseignes numériques seront autorisées selon les dispositions de la réglementation nationale, « dans la mesure où elles respectent les dispositions générales ».

Si ce nouveau règlement est adopté tel quel, ce qui devrait arriver pour le début de l’année prochaine, les afficheurs auront alors deux ans pour se mettre en conformité. Pour les enseignes il y aura un peu plus de répit puisque le délai est de six ans.

Des enseignes au sommet de la tour Egée – Defense-92.fr