Zehrfuss, Polak, Sans Fin, Cybernétique, Signal, Air 2,… la liste des tours qui n’ont finalement jamais vu le jour à La Défense est longue. Très longue. Et on peut désormais en rajouter une de plus. Développé dans le plus grand secret par Unibail-Rodamco-Westfield (URW) la foncière propriétaire du centre commercial des 4 Temps et du Cnit, le projet des tours Oasis a fait long feu.

Il y a quelques semaines les forums de passionnés d’architecture étaient en ébullition. L’un des membres avait découvert des photos de ce mystérieux projet dévoilé sur internet dans le cadre d’une exposition rétrospective organisée à Copenhague. Présentée par le bureau d’architecture Bjarke Ingels group (BIG), la maquette y était montrée.

Pendant plusieurs mois le groupe français a travaillé sur la construction de deux grandes tours siamoises de bureaux pour remplacer l’immeuble Galilée. Construit au cours des années 80 dans le quartier Michelet le long de l’esplanade, cet immeuble a été vidé dernièrement par BearingPoint et General Electric, ses deux occupants. Devenu vieillissant URW voulait profiter de la future requalification du quartier pour raser cet immeuble et édifier son projet géant.

Le projet Oasis devait développer 130 000 mètres carrés répartis sur une quarantaine d’étages – DR

Une simple rénovation de l’immeuble existant

Apprenant le futur départ de ses locataires, URW souhaitait un projet ambitieux pour sa parcelle. Le groupe lance alors il y a quatre ans en toute discrétion un appel à projet auprès de quelques architectes et c’est le dannois danois Bjarke Ingels (BIG), du nom de son architecte-star qui emporte l’emporte avec un projet iconique.

Le projet se veut ambitieux. Le Galilée est rasé pour laisser place à deux tours qui se rejoignent à leur sommet formant un nouvel Arc de Triomphe  réinventé. Le bâtiment de 170 mètres de haut doit proposer quelques 130 000 mètres carrés de surface répartis sur 43 étages. « La tour Oasis inverse le paradigme de la base des tours en élevant les espaces publics et les niveaux de grandes surfaces en haut de la structure. Le bâtiment débute au sol comme deux tours qui s’élèvent et se rejoignent pour former des plateaux continus, précise le texte de présentation à l’exposition danoise. Au sommet, une gigantesque oasis offre à ses occupants une vue panoramique de Paris, tandis qu’une cour inversée ayant les mêmes dimensions qu’une avenue haussmannienne apporte de la lumière aux plus hauts étages ».

Une première demande d’agrément auprès de la préfecture pour construire le projet est rejetée en 2017. Les services de l’État reprochent, –comme pour le projet de Total– le risque de « déséquilibres observés » entre construction de bureaux et de logements à La Défense. Mais URW ne lâche pas l’affaire et dépose une seconde demande l’année suivante faisant valoir que l’abandon de la tour Phare au profit du projet de tours Sisters entraine une diminution de près de 70 000 mètres carrés de surfaces de bureaux. La demande est finalement validée en juin 2018.

Mais comme nous l’a appris le journal La Gazette de La Défense au début du mois de juillet, le permis de construire ne sera finalement jamais déposé. Le projet est « formellement abandonné ». Une information que nous a confirmé Unibail-Rodamco-Westfield qui préfère désormais s’orienter vers une restructuration légère de l’immeuble existant sans changer fondamentalement sa morphologie. Le renoncement d’URW a ériger son méga-projet serait certainement dû aux nombreuses difficultés techniques et peu d’enthousiasme des parties prenantes.

Des images du projet de la tour Oasis présentées lors d’une exposition rétrospective organisée à Copenhague – DR