« Les travaux préparatoires ont démarré », voilà ce qu’annonce fièrement un communiqué du promoteur Hermitage au sujet de son mégaprojet présenté il y a plus de dix ans. Alors que Paris La Défense ne croit plus à ce projet pharaonique à tel point que l’établissement public a dernièrement enlevé les deux tours jumelles de la grande maquette du quartier d’affaires, le promoteur russe a assuré ce lundi soir avoir trouvé le financement pour bâtir ce projet chiffré à plus de 2,5 milliards d’euros.

Dans son communiqué diffusé en réaction à notre article sur la suppression de ses tours de la maquette de Paris La Défense, Hermitage affirme avoir levé cet été une première tranche du financement des travaux préalables à la construction de son projet et qu’une deuxième tranche sera mise en place d’ici la fin de l’année « pour couvrir la totalité des coûts de cette phase de pré-construction » et « amener le projet au stade du lancement de la construction ». Mais pas un mot du promoteur sur les détails de ce financement et surtout son origine ce qui laisse toujours planer le doute sur la viabilité économique du projet.

Cependant le promoteur Hermitage dirigé par Emin Iskenderov donne un peu plus de détails sur le chantier. « C’est ainsi qu’Hermitage, en partenariat avec RATP Habitat (ex Logis Transport, ndlr), a lancé lundi dernier 30 septembre 2019, les travaux de curage et désamiantage intérieur de l’immeuble Bretagne, le plus important des trois immeubles d’habitation sur le site, marquant la première phase de ces travaux préparatoires au lancement du projet », détaille le groupe immobilier.

Devant l’immeuble Bretagne qui fait partie de l’ensemble des Damiers (Seul les Damiers Infra, Anjou et Bretagne sont voués à être détruits pour laisser place au projet Hermitage) depuis quelques jours des pancartes de l’entreprise de démolition « Yvelines Travaux Services » ont en effet fait leur apparition. Certains permis de démolir ont eux été prorogés.

Un objectif de construction toujours pour l’horizon des Jeux Olympiques de 2024

Si le Damier Infra est complètement inoccupé depuis plusieurs années déjà et que celui du Bretagne a été évacué à l’été 2018 de ses derniers habitants réfractaires par des expulsions, l’Anjou est en revanche toujours occupé par huit familles.

Toujours dans son communiqué, Hermitage indique que le planning prévisionnel de son opération est de « clore cette première phase avant l’automne 2020 » puis « d’enchainer avec la construction afin de pouvoir livrer les deux tours pour les Jeux Olympiques d’été 2024 à Paris et la totalité du projet dans l’année qui suivra ».

« Les trois immeubles d’habitation sur le site représentaient 250 logements dont seulement quarante logements sociaux (PLS), les autres étant des logements intermédiaires (PLI) », poursuit Hermitage assurant qu’avec RATP Habitat il a créé « plus de 200 logements sociaux neufs, construits et livrés » dans le département des Hauts-de-Seine. Et de certifier que le projet permettra la création de 210 nouveaux logements sociaux (des logements étudiants) dans le cadre du projet.

Interrogé Paris La Défense n’a pas souhaité commenter le communiqué du promoteur mais a simplement confirmé « ne plus avoir de relation » avec Hermitage. Patrick Devedjian, le président des Hauts-de-Seine et de Paris La Défense qui se dit lui « très sceptique » ne croyant plus au projet a réaffirmé sa volonté de récupérer les 30 millions d’euros que doit Hermitage à Paris La Défense.

Le projet Hermitage Plaza – DR