C’est un énorme contrat qui est remis en jeu. Paris La Défense vient de lancer l’appel d’offres pour la gestion des parkings dont il est propriétaire. Détenue par Indigo (anciennement Vinci Park) depuis un long moment, la concession arrivera à son terme à la fin 2021.

Le nouveau marché de huit années qui débutera en janvier 2022 porte sur treize parcs de stationnement  de La Défense (« Centre Commercial Westfield Les 4 Temps P1 » (1465 places) ; « Centre Commercial Westfield Les 4 Temps P2 » (2 779 places) ; « Centre Grande Arche » (876 places) ; « Iris 1 » (1 013 places) ; « Iris 2 » (736 places) ; « Reflets 1 » (910 places) ; « Reflets 2 » (927 places) ; « Corolles » (398 places) ; « Boieldieu » (1 660 places) « Villon » (2 412 places) ; « Coupole-Regnault » (2 513 places) ; « Michelet » (2 613 places) et « Saisons » (1 655 places), soit 20 500 places. A cela pourrait s’ajouter une option pour les 544 places du parking « Les Terrasses » dit « MP10 » à Nanterre. Un parc géré actuellement par Eiffia, le rival d’Indigo.

Tous les parkings de La Défense ne sont cependant pas concernés par ce renouvellement de concession. Il y a déjà les parkings « Valmy » (géré par Effia) et « Jacques Cartier » (Urbis Park), des tours « Égée » (Indigo), et « Cœur Défense » (Indigo) mais aussi du « Cnit » (Unibail-Rodamco-Westfield) qui sont privés et n’appartiennent donc pas à Paris La Défense.

Des parkings qui ne rapportent plus autant qu’avant

Et puis il y en a trois autres, ceux de Paris La Défense qui ne fonctionnent plus vraiment. Les parcs « Seine » (344 places) et « Ancre » (486 places), fermés depuis une trentaine d’année pour le premier et une quinzaine pour le second le resteront encore. L’ex-parking « Wilson », le « Centre Commercial Westfield Les 4 Temps P3 » (1 202 places) actuellement ouvert mais peu utilisé devrait fermer à terme. Une information que ne confirme cependant pas Paris La Défense. A eux seul ces trois parcs représentent tout de même près de 2 000 places.

Longtemps considérés comme la poule aux œufs d’or pour l’Epad (l’ancien établissement de La Défense devenue Epadesa puis Paris La Défense), les parkings de La Défense construits partout sous la dalle ne rapportent plus autant qu’avant. Car si dans les années 60, au moment de la création de La Défense, l’Epad misait beaucoup sur le tout-voiture, depuis une bonne vingtaine d’années la donne a changé. Avec l’évolution de l’offre de transports en commun et l’émergence de modes de transports alternatifs, la voiture n’a plus vraiment la cote et cela se ressent dans la fréquentation des parkings de La Défense. Il y a quelques années un rapport de la Cour des comptes révélait que près de la moitié des 22 000 places de La Défense n’étaient pas utilisées. Preuve que les parkings n’attirent plus vraiment et qu’ils ne sont plus la manne financière des années 70 à 90, l’Epadesa (maintenant Paris La Défense) avait renoncé à construire dans les années 2010 les 347 places (avec 124 places pour deux-roues) du parc des « Vosges ».

Vers une transformation de certains parkings

Une évolution qu’a bien compris Paris la Défense. Si pour l’instant l’établissement refuse de communiquer sur l’avenir du parking « Ancre », qui aurait dû être rénové dès 2018 et du parking « Centre Commercial Westfield Les 4 Temps P3 » qui devrait donc prochainement fermer, il ne cache pas sa volonté de transformer certains de ces parcs. Ce changement a notamment concerné une petite partie du parking « Villon » qui a accueilli en septembre 2017 l’Alternatif, un espace underground dédié à la culture et aux entreprises. Mais trois ans à peine après l’inauguration, l’expérience a tourné court. L’Alternatif est désormais fermé et l’ancien gérant des lieux est parti en guerre contre Paris La Défense.

Un échec qui ne décourage cependant pas Paris La Défense. L’établissement souhaite désormais s’attaquer au parking « Seine » situé dans le quartier des Saisons. Alors qu’il aurait dû être détruit pour laisser place aux tours Hermitage Plaza, face à l’enlisement du projet Paris La Défense a lancé l’année dernière une consultation pour transformer ce parc de quatre niveaux, en ferme urbaine.

Une concession de huit ans estimée à 296 millions d’euros

Même si la fréquentation des parkings du quartier d’affaires a baissé ces dernières décennies, cette concession reste l’une des principales sources de revenus pour Paris La Défense après la vente des droits à construire des divers projets immobiliers. Pour cette nouvelle Délégation de Service Public (DSP) l’aménageur et gestionnaire du quartier de l’Ouest parisien estime la valeur de la concession à 296 millions d’euros pour huit ans.

Cette consultation lancée à la fin de l’été va s’étaler sur une bonne année. Une pré-sélection va être effectuée par Paris La Défense en octobre prochain. S’en suivra une visite des installations pour les candidats en novembre, une phase de négociations au printemps 2021 puis une remise des offres en juin-juillet avant que l’attribution ne soit effectuée en juillet 2021. La nouvelle concession débutera alors si tout va bien en janvier 2022.