Une fermeture en toute discrétion. Ouvert en septembre 2017 dans un niveau du parking Villon, l’Alternatif, ce lieu underground dédié à la culture, aux divertissements et aux événements d’entreprises a été fermé au début de l’année, juste avant le confinement par son gérant Culture & Patrimoine.

Prenant place dans une cellule de ce parc de stationnement, l’Alternatif c’était 1 600 mètres carrés d’espace proposant un grand auditorium de 480 places en mode assis à 800 places en mode debout, une salle d’exposition de 300 mètres carrés et une salle de restaurant de 180 mètres carrés.

Si l’entrée de l’Alternatif était discrète, le lieu avait fini par se faire une clientèle auprès des entreprises désireuses d’organiser leurs événements internes ou externes. Mais un peu plus de deux ans après son lancement, Culture & Patrimoine, l’exploitant du lieu a décidé de jeter l’éponge. Non pas en raison d’une trop faible fréquentation ou d’un manque de rentabilité mais plutôt à cause de ce qui se passe juste au-dessus.

Car l’originalité même de l’Alternatif est devenue son principal défaut. Culture & Patrimoine a dû faire face à un gros problème, celui de la restructuration de l’immeuble Ile-de-France (PB10) situé juste au-dessus. Si les premiers travaux de rénovation de ce bâtiment de bureaux n’ont pas entrainé directement la fermeture de l’Alternatif, c’est le bruit qui en est la cause.

« Paris La Défense et Indigo (le délégataire des parkings de La Défense, ndlr) ont juste oublié de nous préciser ce projet quand nous avons signé avec eux », s’offusque Didier Gouband, président de Culture & Patrimoine dont le groupe est désormais en contentieux avec l’établissement public et le gestionnaire des parkings de La Défense. « C’est une cathédrale de béton ; dès qu’il y a le moindre coup de marteau piqueur ont entend tout. Ça rend le lieu complètement inexploitable pendant les quatre ans de travaux de l’immeuble », affirme Didier Gouband.

« On a décidé de suspendre l’activité et nous avons une procédure contre Paris La Défense », poursuit le président de Culture & Patrimoine qui a investi 1,5 million d’euros dans ce projet (qui a couté au total près de 5 millions d’euros). « Toute l’économie du projet tenait car c’était une COT (Convention d’Occupation Temporaire) de dix ans et certainement pas de vingt-quatre mois », s’agace Didier Gouband. Continuer à maintenir un semblant d’activité sans organiser d’événements aurait coûté près de 2 millions d’euros en charge par an pour Culture & Patrimoine sans presque aucune rentrée d’argent. Impensable pour le groupe . « Paris La Défense ne veut rien savoir et nous dit que ce n’est pas grave, que cela ne nuit pas à l’activité, qu’il suffit d’appeler un numéro si les travaux font trop de bruit », peste Didier Gouband. « Comme si le chantier allait s’arrêter à chaque fois que l’on appelle… », ironise-t-il.

En conflit avec Paris La Défense mais aussi Indigo, Culture & Patrimoine a donc décidé de dénoncer la COT et de suspendre le paiement des loyers. Une mesure que n’a pas apprécié l’établissement public chargé d’aménager et gérer le quartier d’affaires. « Nous avons arrêté l’activité mais pas quitté les lieux », précise Didier Gouband qui attend désormais que la justice tranche.

Mais pour Culture & Patrimoine le cœur n’y est plus et Didier Gouband entend bien quitter une bonne fois pour toutes, les lieux dès que la procédure sera terminée. « Nous avons investi 400 000 euros en communication pour faire connaitre l’Alternatif. Si on doit redémarrer dans quatre ans on devra repartir à zéro, rajoute Didier Gouband.

Contacté, Indigo estime que l’Alternartif « n’a malheureusement pas trouvé son public et sa clientèle » et dit rester « convaincu que la reconversion des parkings en lieux de vie et espaces culturels est un élément majeur du parking de demain ». Un argument que rejette fermement Didier Gouband qui précise qu’une soixantaine d’événements ont été organisés en 2019 à l’Alternartif. Par ailleurs Didier Gouband estime qu’Indigo était forcément au courant du projet puisqu’il avait son siège dans l’immeuble Ile-de-France et qu’il a négocié son départ avec les investisseurs du projet.

« Nous ne leur avons rien caché. Nous ne connaissions pas ce projet à l’époque. La raison pour laquelle il a été mis fin à leur exploitation c’est que Culture & Patrimoine ne payait jamais les loyers depuis le début », s’était pour sa part défendue Marie-Célie Guillaume, l’ex-directrice de Paris La Défense la veille de son départ de l’établissement. Une accusation et des arguments que réfute également le président de Culture & Patrimoine.

Désormais Culture & Patrimoine espère négocier à l’amiable la rupture de sa COT avec la nouvelle direction de Paris La Défense.

L’Alternatif proposait 1 600 mètres carrés d’espace avec un grand auditorium, un espace d’exposition et une salle de restaurant – Defense-92.fr