L’heure est désormais à la 5G en 26 GHz à La Défense. Paris La Défense vient d’être retenu avec dix autres acteurs par l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) suite à un appel à candidature pour expérimenter durant trois ans la 5G dans le quartier d’affaires et ainsi utiliser la fréquence 26 Ghz (bandes de fréquences de 24,25 à 27,5 GHz dites « millimétriques ») tant convoitée qui offrira des débits comparable à la fibre optique bien plus importants que l’actuel 4G.

Avec ce test grandeur nature Paris La Défense entend se fixer deux objectifs. Le premier sera celui de la maitrise du territoire. « On a surtout pour objectif de maitriser le déploiement de la 5G par les opérateurs sur le site. La 5G par les puissances des émissions va multiplier potentiellement le nombre de macro-cellules sur le site. L’objectif pour nous c’est de maitriser ce développement en se plaçant comme opérateur neutre et d’offrir les infrastructures aux opérateurs », explique David Guerra, co-directeur des services urbains de Paris La Défense.

Car avec la fréquence 26 GHz de la 5G les opérateurs devront renforcer de manière drastique leur maillage d’antennes avec un ratio de presque un à dix. Et pour éviter de voir se multiplier partout ces antennes l’établissement ambitionne de créer son propre réseau sur des points bas comme des lampadaires ou autres mobiliers urbains par exemple afin de le louer aux différents opérateurs.

Le second volet concernera les cas d’usages pour être orienté directement vers les utilisateurs du site. « Notre ambition est d’inviter les acteurs de l’innovation qu’il soit startup ou grand groupe à saisir cette opportunité de faire du quartier d’affaires un territoire d’expérimentation », détaille David Guerra. Concrètement Paris La Défense espère répondre aux questions des objets connectés avec entre autres les candélabres et les feux tricolores mais aussi des véhicules autonomes. « On sort d’une expérimentation qui s’est mal passée notamment car d’un point de vue technologique on a vu qu’elle n’était pas encore avancée en point de vue de latence », poursuit David Guerra.

Les atouts et inconvénients des bandes 4G et 5G – Arcep

Un appel à expérimenter sera lancé dès l’année prochaine par Paris La Défense

Dans les prochains mois Paris La Défense qui s’est associé avec Efficacity doit lancer un appel à expérimenter qui devrait se dérouler au premier semestre de l’année prochaine. L’objectif est de lancer l’expérimentation dès l’été prochain.

Et alors que l’actuelle 4G ne passe pas toujours très bien à La Défense, les clients devront eux encore être patients avant de profiter des débits surpuissants de la 5G en 26 GHz partout en France. Car cette bande de fréquence 26 GHz n’est pas encore totalement disponible puisqu’elle est occupée en partie par des satellites, l’armée et des faisceaux hertziens entre sites fixes.

En attendant sa libération totale qui doit intervenir dans quelques années, le déploiement de la 5G en France se fera par les bandes 3,4 à 3,8 GHz qui proposent des débits moins puissants que celle de la 26 GHz. Les bandes 3,4 à 3,8 GHz seront-elles mises en vente dans les prochaines semaines par l’Arcep. Les premières offres commerciales des opérateurs devraient ainsi être disponibles dès l’an prochain. Les attributions du 26 GHz feront l’objet d’une attribution ultérieure et devraient être disponibles dès 2022 à l’issue de l’expérimentation.

Ces fréquences qu’elle soient de 3,4 à 3,8 GHz ou de 26 GHz ont en revanche l’inconvénient d’avoir une moins bonne pénétration à l’intérieur des bâtiments et une portée plus faible. Un problème quand on sait que les matériaux des tours du quartier d’affaires et ses surcouches de dalles en béton peuvent avoir un effet de perturbateur sur les signaux. Voilà pourquoi Paris La Défense souhaite proposer son propre maillage d’antennes 5G en 26 GHz.