Brexit : La Défense espère toujours séduire les banquiers de Londres

A un an du Brexit, Paris La Défense continue son plan de séduction pour tenter d’attirer les grands noms de la finance dans les tours du quartier d’affaires français.

Le quartier de Canary Wharf en février 2018 - Defense-92.fr

Des tours de Londres à celles de La Défense ? La grande course à la séduction se poursuit pour attirer les banquiers de la City et de Canary Wharf, les deux grands quartiers d’affaires de Londres à moins d’un an du Brexit dont la date a été fixée au 29 mars 2019.

Si dans les premiers mois qui ont suivi le vote de juin 2016 la France était loin d’être favorite pour accueillir les déçus du Brexit, Paris semble aujourd’hui en bien meilleure position face à Frankfort, son grand rivale. Une bonne nouvelle pour la région Ile-de-France et le gouvernement de Macron qui ont multiplié les initiatives et déplacements pour séduire la communauté financière.

Une campagne qui a visiblement porté ses fruits puisque selon une récente étude réalisée par l’agence Reuters auprès d’une centaine de professionnels, les institutions financières apparaissent désormais préférer la capitale française. Cependant le secteur financier estime que près de 5 000 postes sont susceptibles d’être redéployés hors du Royaume-Uni ou créés à l’international d’ici à mars 2019 contre le double il y a six mois. Paris devrait ainsi attirer 2 280 emplois contre 1 420 pour Francfort.

Et dans cette course pour accueillir les banquiers de Londres, Paris La Défense (PLD), met les petits plats dans les grands. Avec 179 600 mètres carrés de surfaces commercialisées l’année dernière et l’annonce de nouveaux projets immobiliers, PLD souhaite affirmer de nouveau, le dynamisme de son offre immobilière. PLD met en avant plusieurs atouts du quartier qui va fêter cette année ses soixante ans. « Quarante-sept nouvelles entreprises se sont installées à Paris La Défense (dont Amazon, Orange…) depuis le début de l’année 2017. Le quartier conforte son statut de place de référence avec les relocalisations de sièges sociaux de majors, à l’image des 4 000 collaborateurs de Vinci au sein de l’immeuble L’Archipel, ou encore le transfert annoncé de Total dans The Link », détaille un communiqué de l’établissement qui met en avant les loyers bien plus attractifs que ceux de la City.

« Une politique volontariste de renouvellement et de développement » de La Défense

« Paris La Défense déploie une politique volontariste de renouvellement et de développement de son parc immobilier, qui a su séduire les utilisateurs et en fait une destination office premium, explique Marie-Célie Guillaume, la directrice générale de Paris La Défense. En plus des projets de restructuration, huit tours seront construites d’ici 2024 afin d’accueillir de nouvelles entreprises et services pour un total de 461 000 mètres carrés de bureaux. Depuis plusieurs années, nous développons aussi une réelle politique de diversification des usages pour transformer le quartier en lieu de vie, critère devenu déterminant dans le choix d’implantation d’une entreprise ».

En attendant le choix de la nouvelle adresse de l’Autorité Bancaire Européenne (ABE), qui emploie près de 200 personnes et qui va devoir choisir entre La Défense et Paris quelques entreprises ont déjà succombé aux avances de La Défense. L’assureur Chubb, a déjà décidé de relocaliser son siège européen dans la tour Carpe Diem ainsi que la banque anglaise HSBC qui envisage toujours de faire venir, soit à La Défense, soit à Paris un millier de postes. Quelques dizaines ou centaines de postes des banques d’affaires américaines J.P.Morgan, Morgan Stanley ou Goldman Sachs pourraient également être rapatriés à La Défense ou à Paris.