C’est un soutien inattendu contre la réforme des retraites. Alain Robert, le spiderman français a escaladé ce lundi matin à mains nues et sans aucune protection les 187 mètres de la tour Total pour la neuvième fois. Mais cette fois-ci cette accension qui s’est faite sans encombre avait un gout de message politique pour l’homme araignée. Avec cet exploit Alain Robert entendait dénoncer la réforme des retraites et apporter son soutien aux grévistes.

« Les gens passent déjà quarante années à aller au charbon, souvent pour un travail qu’ils n’aiment pas. On veut continuer à vivre décemment », a confié Alain Robert à quelques journalistes juste avant de se lancer dans son périple de 52 minutes. « Il faisait très froid, je ne sentais plus l’extrémité de mes doigts, c’était délicat. Et puis je n’ai plus la même patate qu’il y a 20 ans ! », a lâché ce sportif de l’extrême âgé de 57 ans à l’issue de son exploit avant d’être emmené par la police pour une courte audition.

Car le Spiderman français qui alterne sa vie entre la France et l’Indonésie ne croit pas du tout au bien-fondé de cette réforme qui plonge depuis le 5 décembre dernier le pays dans l’un de ses plus longs conflits sociaux. « Il faut arrêter de dire aux gens de travailler plus pour gagner moins, car c’est en ça que consiste la réforme. […] Il faut cotiser, mais certains travaux sont plus compliqués que d’autres et il faut prendre en compte la pénibilité », a-t-il ajouté à l’AFP.

« Moi je me sens d’autant plus concerné que j’ai 57 ans, donc techniquement l’âge de la retraite n’est également pas très loin. Ma seule façon de gagner de l’argent c’est de grimper sans cordes. Ce qui est très dangereux. Et en gros on va dire que si l’âge ont le met jusqu’à 64, il faut que je grimpe en solitaire jusqu’à 64 ans. Et si on le met à 67 ans ce sera pareil ou je deviendrais SDF », a dénoncé Alain. Robert à l’AFP.

Depuis 1994 Alain Robert a fait de La Défense son terrain de jeux. Ce grimpeur a escaladé au cours des dernières décennies de nombreux gratte-ciel du quartier d’affaires. En plus de la tour Total, l’une de ses préférées il est déjà venu à bout des tours Engie, Franklin ou encore Ariane. C’est d’ailleurs cette dernière qu’Alain Robert avait escaladé en novembre dernier. Et en mars 2019 il avait grimpé la tour Engie pour soutenir une levée de fonds pour Notre-Dame de Paris quelques semaines avant l’incendie ravageur.