La Défense semble encore avoir de beaux jours devant elle. Alors que pour certains les quartiers d’affaires n’ont plus vraiment d’avenir et que le télétravail va les tuer à petit feu celui de l’Ouest parisien continue encore d’attirer. Après la décision de l’implantation du nouveau QG de la cyber sécurité dans l’immeuble Eria, un autre immeuble de La Défense a trouvé preneur. Neuf mois avant la fin des travaux -qui ont pris du retard à cause du confinement-, l’immeuble Latitude qui fait l’objet d’une vaste restructuration complétée d’une extension imaginée par le cabinet Studios Architecture a été entièrement loué à Sopra Steria.

L’entreprise française spécialisée dans les services numériques a contracté un bail de neuf ans pour l’intégralité des 22 000 mètres carrés de ce bâtiment localisé dans le secteur de Courbevoie, en bordure du boulevard circulaire. Le groupe réunira à la fin 2021, dans Latitude, plusieurs de ses implantations parisiennes installées notamment dans la tour Manhattan ou l’immeuble du Triangle de l’Arche. Le bâtiment accueillera la direction du pôle France de l’entreprise de services du numérique, ainsi que plusieurs entités opérationnelles et fonctionnelles soit près de 2 000 collaborateurs.

Pour séduire Sopra Steria, les développeurs de Latitude disent avoir misés sur un positionnement « délibérément axé utilisateur ». Dans le prolongement de son lobby, le pôle services a été imaginé comme une « rue intérieure à la Parisienne » avec brasserie, pizzeria, épicerie, coffee-bar… qui peut évoluer en espaces de travail, salles polyvalentes et lieux de réception. « Sa vocation est de créer un pôle de vie convivial et attractif au sein de l’immeuble », assure un communiqué. Le bâtiment de huit étages proposera de larges plateaux atteignant les 2 200 mètres carrés. Latitude bénéficie en outre d’un grand parking privatif de 300 places.

« Nous avons choisi le bâtiment Latitude pour sa localisation accessible à tous, son concept architectural très innovant, la variété des services dédiés au confort des collaborateurs et sa parfaite adaptation à l’évolution des attentes et des besoins des collaborateurs en matière d’environnement de travail », explique Gérard Touati, directeur immobilier du groupe Sopra Steria.

« Un signal fort » pour le marché immobilier

Une très bonne nouvelle pour son investisseur CGI. « Cette transaction majeure à Paris La Défense est un excellent signal envoyé par le marché de l’immobilier de bureaux parisien et grand parisien », s’est félicité Alexander Raingold, directeur du développement et associé de GCI. Car Latitude est partie de loin. A l’origine l’investisseur familial qui est entouré dans cette opération avec Beson Elliot, AIMCo et Twenty First Capital avait un tout autre projet en tête, celui de la tour Ava. Mais empêtré par des recours de son voisin, le développeur du projet avait dû renoncer à construire son building au profit d’une restructuration de l’immeuble Berkeley rebaptisé Latitude. Un changement de stratégie que ne regrette absolument pas Alexander Raingold. « L’horizontal a battu le vertical », rajoute l’investisseur.

Mais il n’y a pas que les investisseurs du projet qui se réjouissent de cette signature. Cette annonce est perçue comme un « signal fort » par Georges Siffredi, le président du département des Hauts-de-Seine et de Paris La Défense. « Cette commercialisation illustre également le rôle toujours plus fort que vont occuper les sièges des entreprises dans les années à venir. Plutôt que des bureaux délocalisés et répartis dans plusieurs villes, on note une volonté des entreprises de proposer à leurs salariés un lieu de rencontre unique, adapté pour les temps d’échanges informels et le travail collaboratif. L’entreprise n’est pas qu’un lieu de production, c’est aussi et surtout un lieu de socialisation », s’est exprimé Georges Siffredi.

Cette transaction a été réalisée par JLL, les avocats du cabinet international Gide Loyrette Nouel assistaient GCI, Benson Elliot, AIMCo et Twenty First Capital, tandis que ceux de Fidal étaient aux côtés de Sopra Steria.