L’année 2020 n’a pas débuté sous les meilleurs auspices. Alors que le premier trimestre a été amputé par le confinement, le marché immobilier de La Défense a une nouvelle fois enregistré une faible performance. Entre le début de l’année et la fin mars, ce sont 20 966 mètres carrés de bureaux qui ont trouvé preneur dans le plus grand quartier d’affaires européen. « Un volume d’activité parmi les plus faibles de la décennie. La baisse de régime d’une année sur l’autre est importante (-10 %), d’autant que le début de l’exercice 2019 avait lui aussi démarré au ralenti », note Cushman & Wakefield (C&W) dans sa dernière étude.

Sur la quinzaine de signatures enregistrées à La Défense au cours du premier trimestre, la plus significative en taille a concerné l’extension de KPMG dans la tour Europlaza qui a pris 5 000 mètres carrés de bureaux supplémentaires. A ce deal s’ajoute celui du groupe agro-industriel international Avril qui a choisi de prendre 3 131 mètres carrés dans la tour Defense Plaza. Les transactions portant sur les petites surfaces de moins d’un millier de mètres carrés ont marqué le pas en enregistrant une baisse de 28 %.

La demande placée à La Défense – Immostat / Cushman & Wakefield

« Signe encourageant néanmoins, les gabarits de taille intermédiaire continuent de jouer à plein leur rôle de relais de croissance : ce segment conserve une dynamique positive, avec 12 900 mètres carrés commercialisés au premier trimestre, un volume légèrement supérieur à sa moyenne décennale qui fait office de véritable amortisseur pour la demande placée », explique C&W dans sa dernière étude.

« Les loyers moyens de transaction des surfaces de première et de seconde main sont pour l’heure maintenus (respectivement 480 €/m²/an et 450 €/m²/an). L’effet ciseau d’une demande atone et d’une offre surabondante repose la question des mesures d’accompagnement et d’une baisse des loyers sans certitude quant à un retour rapide à une fluidité du marché », détaille C&W.

Les valeurs locatives à La Défense – Immostat / Cushman & Wakefield

Si le taux de vacance de l’offre immobilière de La Défense reste toujours très faible pour atteindre à la fin mars les 5,5 % (après 4,9% fin 2019), soit 184 000 mètres carrés de bureaux disponibles immédiatement, il devrait bientôt bondir. Dans les prochains mois de nombreux nouveaux programmes vont être livrés comme les tours Trinity (49 000 mètres carrés), Landscape (67 800 mètres carrés) et Alto (50 700 mètres carrés). D’ici à 2023 ce ne sont pas moins de 700 000 mètres carrés qui vont ainsi être disponibles. « Outre d’éventuelles libérations de surfaces, ce mouvement haussier se doublera des livraisons attendues pour 2020. Évidemment, la mise à l’arrêt forcée des chantiers en raison du confinement repoussera plusieurs inaugurations, tandis qu’un certain nombre de propriétaires pourront choisir de jouer la carte de l’étalement temporel pour les livraisons de 2021 et de 2022, analyse C&W. Il faudra attendre au mieux le second semestre 2020 pour apercevoir quelques signes d’animation sur le marché de La Défense ; ils dépendront aussi bien des impératifs immobiliers des entreprises que des objectifs de remplissage des propriétaires… et du dimensionnement des mesures d’accompagnement ».

Mais sur fond de crise économique à venir et de possible réduction par les entreprises de leurs surfaces de bureaux afin de privilégier le télétravail dans le but de faire des économies de loyers, les années à venir promettent d’être une nouvelle fois compliquées pour La Défense…

Le taux de vacance de La Défense au 31 mars 2020 – Immostat / Cushman & Wakefield