Alors qu’à Londres les banquiers de la City peinent à revenir au bureau, à La Défense le retour est bien plus marquant. « Malgré un contexte sanitaire encore mouvant, l’activité du quartier d’affaires a repris très nettement depuis la rentrée », affirme Paris La Défense. Pour l’établissement public ce sont près de 60 % des salariés qui ont retrouvé les tours du quartier d’affaires.

L’établissement estime que la fréquentation dans les transports en commun est désormais de 58 % du trafic habituel (+ 6 % par rapport à la semaine précédente). Les parkings de La Défense auraient eux retrouvé 90 % de leurs usagers. Côté mode de transports alternatifs, le vélo est le grand gagnant. Avec les Coronapistes, beaucoup de salariés ont opté pour la petite reine.

« Depuis la fin des vacances scolaires, l’activité de Paris La Défense a repris de manière très nette. Les entreprises et leurs salariés ont repris une activité plus proche du rythme habituel du quartier d’affaires, estime l’établissement. Entre volonté des salariés de reprendre une vie normale et besoin des entreprises de maintenir cohésion et engagement de leurs équipes, le retour au bureau s’est fait progressivement afin de permettre aux organisations de s’adapter aux nouveaux impératifs sanitaires ».

Encore beaucoup d’incitation ou d’obligation au télétravail

Alors certes l’activité de La Défense est bien repartie mais tout n’est pas encore comme avant. Beaucoup d’entreprises du quartier incitent, voire obligent leurs collaborateurs à poursuivre le télétravail en ne venant au bureau qu’un à deux jours par semaine. L’objectif est de laisser un poste de travail sur deux vacant, réduisant donc de moitié les effectifs présents simultanément.

« Je ne viens qu’un jour par semaine depuis la fin du confinement alors qu’avant je venais tous les jours », confie Romain, un jeune salarié de la banque HSBC. Et pour lui le quartier n’est plus comme avant. « Il y a moins de monde. On se croirait au mois d’août », poursuit-il. Un peu plus loin sur l’esplanade Carole et Florence, deux salariés de Mercer, un cabinet de conseil en ressources humaines discutent au pied de leur tour. Elles aussi constatent que la reprise n’est pas encore totale. « On a que 40 % des effectifs qui sont autorisés à venir sur le site », confie Carole qui se rappelle encore de son retour au bureau en mai dernier : « Le premier jour du déconfinement j’étais seule sur l’esplanade, c’était lunaire ». Une situation qui désespère Florence pour qui la situation entraine « un manque de lien social ».

« La reprise de l’activité du quartier d’affaires montre que l’entreprise est un lieu de production, mais aussi et surtout un lieu de socialisation », estime Georges Siffredi, le président des Hauts-de-Seine et de Paris La Défense. Les rapports humains sont essentiels pour créer, innover et donner un esprit collectif ». Et le successeur de Patrick Devedjian se veut rassurant pour l’avenir du quartier d’affaires : « Le télétravail continuera de progresser dans les organisations, mais il ne peut pas devenir la norme et l’unique modèle de fonctionnement des entreprises ».