Noël sera bien triste cette année sur le parvis de La Défense. Jusqu’au bout Codecom pensait pouvoir monter ses petits chalets en bois au cœur du parvis de La Défense. Mais alors que partout en France les villages de Noël ont été annulés comme au jardin des Tuileries à Paris ou à Strasbourg, le re-confinement de la France a fait voler en éclat les derniers espoirs de Jean-Claude Meritte, le fondateur de Codecom, l’organisateur de cet événement historique dans le quartier d’affaires.

Plus grand Marché de Noël de la région parisienne avec près de 350 exposants, Codecom avait revu à plusieurs reprise ses plans pour pouvoir convaincre le préfet des Hauts-de-Seine de maintenir la 26ème édition de son événement. « Depuis septembre on avait imaginé plusieurs formats en accord avec Paris La Défense et le cabinet du préfet », explique Jean-Claude Meritte.

L’une des premières solutions envisagées était alors de ne conserver qu’une partie du village en réduisant de moitié le nombre d’exposants. Par la suite Codecom avait encore revu à la baisse son nombre d’exposants pour n’en garder qu’une petite soixantaine. Dans cette mini-version, Codecom aurait alors privilégié les commerçants historiques comme les vendeurs de santons, de fromages ou encore de charcuteries en supprimant en revanche les grandes tentes où se trouvent les restaurants. Avec des allées élargies, les équipes de Codecom voulaient imposer des sens de circulation, de la distribution de gel hydroalcoolique et surtout une jauge d’un millier de personnes.

Si Emanuel Macron a évoqué le 1er le décembre comme date de déconfinement pour permettre aux français de préparer Noël, cette éventualité était trop risquée pour Codecom qui avait besoin d’une dizaine de jours pour monter la version réduite de son village.

« C’est un gros coup dur mais je m’y attendais »

Alors que depuis l’été Codecom avait pré commercialisé près de 80 % de ses stands, l’entreprise affirme qu’elle va rembourser tous les commerçants qui avaient versé des arrhes. « On ne peut pas garder de l’argent de gens qui ne vont pas pouvoir exercer leur métier », affirme Jean-Claude Meritte. Justement l’entrepreneur dit avoir une pensée pour eux : « C’est très compliqué pour les exposants mais aussi les sous-traitants et les gens qui travaillent pour nous comme les monteurs ».

Cette annulation est donc un véritable coup de massue pour les commerçants et pourrait même être fatal pour certains. Depuis le début de l’année un grand nombre d’entre eux n’ont pu exercer presque aucune activité après l’annulation des différentes foires et salons comme la Foire de Paris. « Il y a certains commerçants que l’on ne reverra plus, regrette Victoria Bocquillon, la fille de Jean-Claude Meritte qui assure la direction commerciale de l’entreprise familiale. Mais d’autres arriveront ».

« C’est un gros coup dur mais je m’y attendais. Depuis la fin septembre on sentait bien que ça allait être difficile, lâche Jean-Claude Fix, ce vendeur historique qui propose des santons depuis la création du village de Noël de La Défense. Mes produits ne se périment pas donc on reviendra l’année prochaine ». Empêché de pouvoir ouvrir son plus gros point de vente sur la dalle de La Défense, l’entrepreneur croise désormais les doigts pour que les marchés de Neuilly-sur-Seine, Boulogne-Billancourt et Saint-Germain-en-Laye, plus petits soient maintenus afin de sauver les meubles.

Mais comme toujours le fondateur de Codecom garde le moral et son éternel sourire. Car il en a vu d’autres. Ces dernières années le village de Noël a dû faire face à une flopée de tuiles comme la méfiance liée aux attentats de 2015, une météo souvent capricieuse, une crise des Gilets Jaunes en 2018 et l’année dernière les grèves dans les transports en commun. Certes toutes ces embuches n’ont jamais entrainé l’annulation du Marché de Noël de La Défense depuis sa création en 1995, mais Codecom qui génère près de 40 % de son chiffre d’affaires avec son événement de La Défense n’a pas dit son dernier mot. « J’espère pouvoir revenir en 2021 et reconstruire un vrai Marché de Noël. Il faudra peut-être construire les choses différemment », reste optimiste Jean-Claude Meritte.