La mauvaise météo régulière, les différentes grèves, la crise des Gilets jaunes ou la menace terroriste n’auront jamais eu la peau du Marché de Noël de La Défense depuis sa création en 1995. Mais cette année c’est bien le Coronavirus qui pourrait l’avoir. La vingt-sixième édition du village de Noël qui doit se tenir du 25 novembre au 27 décembre semble en effet de plus en plus compromise, d’autant plus après les annonces ce mercredi soir du ministre de la Santé, Oliver Véran. Le gouvernement qui a placé Paris et sa petite couronne en « Zone alerte renforcée » entraine pour les quinze prochains jours au minimum l’interdiction des grands événements déclarés et limite les rassemblements à moins de mille personnes.

Pourtant malgré une perspective bien sombre, Jean-Claude Meritte, le fondateur de Codecom, l’organisateur historique de cet événement veut encore y croire et espère toujours monter ses petits chalets en bois au cœur du parvis. « Notre politique est bien évidement que ce marché de Noël ait lieu à La Défense », confie très optimiste, Jean-Claude Meritte qui cependant a dû fortement revoir ses plans pour espérer un feu vert des autorités. Cela passerait par une forte réduction de la manifestation qui passerait de 13 500 à 7 500 mètres carrés. Le nombre d’exposants serait alors réduit à 160 contre 274 habituellement.

« Nous mettons tout en œuvre pour que le Marché de Noel se réalise dans de bonnes conditions », poursuit Jean-Claude Meritte. Pour l’instant son entreprise s’est fixée la date du 15 octobre, -soit une dizaine de jours avant le supposé début du montage- pour prendre une décision finale. Sauf que le véritable « go » viendra de la préfecture qui devrait trancher d’ici à la mi-octobre. Un feu vert qui cependant est très loin d’être acquis pour le Marché de Noël cette année. Et si Codecom venait à recevoir le feu vert, pas sûr qu’il puisse organiser son village dans des conditions optimales. Une jauge pourrait alors être fixée par les autorités. « En-dessous de 5 000 personnes on ne fera pas le Marché de Noël », avertit cependant Jean-Claude Meritte pour qui l’opération ne pourra pas être rentable pour les commerçants.

« S’il n’a pas lieu c’est une catastrophe »

Même si le maintien de cette édition 2020 est plus qu’incertain, les commerçants eux aussi croisent les doigts pour pouvoir venir. Selon Codecom, 80 % des espaces sont déjà pré-commercialisés. Car privés de toutes les foires depuis mars dernier, beaucoup d’entre eux ont vu leurs activités s’arrêter brutalement. Le maintien du Marché de Noël de La Défense cette année serait alors une petite bouffée d’oxygène. A contrario l’annulation serait un nouveau coup très dur porté à leurs affaires. « Ça fait vingt-cinq ans que je fais le Marché de Noël. S’il n’a pas lieu c’est une catastrophe », soupire Laurent Bouchoux, le gérant du restaurant Créole et Corse dans le marché.

Mais pour Codecom comme pour les exposants le plus gros risque serait que les autorités donnent une autorisation d’ouvrir et reviennent dessus en plein pendant le montage ou durant les dates d’ouvertures. Sur ce point l’organisateur entend rassurer ses commerçants. « Si les normes gouvernementales en vigueur ne nous permettent plus de rester ouvert , les sommes versées seront remboursées au prorata des jours d’ouverture », promet Jean-Claude Meritte.

Reste que ce scénario très sombre pourrait alors être un coup fatal pour les salariés de la petite PME. Car les coûts d’organisation très élevés seraient à sa charge. Pour limiter au maximum le risque d’impact financier et réduire ses dépenses en cas de maintien du village, Codecom espère négocier avec Paris La Défense, l’établissement d’aménagement et de gestion du quartier d’affaires une baisse de la redevance d’environ 430 000 euros, à verser pour l’occupation du terrain dans le cadre de l’appel d’offres remporté en 2018.