La baisse est vertigineuse. Déserté par les touristes à cause du Coronavirus, le groupe City One, l’exploitant du Toit de l’Arche a décidé de refermer son rooftop dès le 1er octobre pour une durée indéterminée. « Nous ne fermons pas, mais nous mettons nos activités en sommeil », nuance Corinne de Conti, la présidente de City One 111, la société 100 % privée en charge d’exploiter le Toit. Un nouveau coup dur pour l’opérateur qui avait déjà été contraint de suspendre son activité avant le début du confinement avant de rouvrir timidement le 8 juin dernier.

Pour retrouver ses visiteurs le Toit avait mis en place un maximum de précautions avec des réservations obligatoires, la prise de température systématique avant de monter, la limitation à deux personnes dans les ascenseurs et bien évidemment le port du masque obligatoire tout au long de la visite. Mais cela n’a pas suffit.

« Depuis la crise du Covid, les événements s’annulent, les rassemblements ne sont plus autorisés. La venue du public est soumise à des conditions toujours plus contraignantes, qu’il n’est plus possible d’assumer sur la durée. La fréquentation de l’espace culturel est en chute libre, souffrant du peu de volontaires pour visiter un musée actuellement et de l’absence des touristes, autant français qu’étrangers », indique le Toit de l’Arche qui estime la baisse de fréquentation à près de 80 % alors qu’il avait accueilli en 2019 quelques 150 000 visiteurs. Durant les premiers jours de la réouverture, du 8 au 14 juin le Toit n’a accueilli que 15 % de visiteurs par rapport à la même période en 2019.

« Personne n’a de visibilité à ce stade sur les trois mois à venir »

Mais il n’y a pas que les touristes qui ont déserté le monument du quartier d’affaires. Les entreprises aussi. Car le business modèle du Toit de l’Arche c’est aussi d’accueillir des événements privés pour les sociétés comme des séminaires, conventions, réunions d’actionnaires,… Et là aussi c’est la chute libre. « Les annulations s’accumulent depuis le début du mois de septembre. Il n’y a aucun événement prévu jusqu’à fin novembre et pour le reste ce ne sont que des options posées qui ne se confirmeront ou ne s’annuleront qu’au regard de l’évolution de la situation sanitaire, regrette Corinne de Conti. Personne n’a de visibilité à ce stade sur les trois mois à venir ».

Si cet été City One espérait sauver la saison estivale, les espoirs ont été douchés par les différentes restrictions et fermetures de frontières des pays étrangers. « L’origine des pays est beaucoup moins importante que l’an passé où nous avions accueilli des visiteurs de plus de soixante pays dans le monde, note Corinne de Conti. Cet été, nous avons accueilli des visiteurs provenant principalement des pays de l´Union Européenne, en raison de la fermeture des frontières aériennes ».

Pour l’heure Corinne de Conti n’a pas encore fait les comptes de cette année catastrophique. « Ce n’est que lors de la reprise que nous pourrons chiffrer les pertes, ou à l’issue de la crise. Le moment n’est pas encore venu de faire ce calcul », estime-t-elle en indiquant que son « seul but est de préserver l’emploi à long terme » de la cinquantaine de salariés du Toit. Mais cette nouvelle fermeture était devenue inévitable en raison des importants coûts d’exploitation par rapport au peu de recettes.

Une date de réouverture incertaine

Pour la réouverture du Toit c’est l’inconnue. Peut-être au début de l’année prochaine ou au printemps. « Nous souhaitons réouvrir aussitôt que la situation sanitaire nous le permettra, que les interdits seront moins nombreux, lorsque nous pourrons accueillir convenablement nos visiteurs, nos amis, nos clients et nos followers », promet Corinne de Conti, très émue par la situation.

Mais elle l’assure : « Nous nous battons pour la survie du projet, auquel les équipes se sont consacrées sans relâche depuis près de cinq ans ». L’histoire du Toit de la Grande Arche a été mouvementée. Le rooftop de La Défense avait vécu une très longue fermeture entre 2009 et 2017, suite à un litige entre l’ancien exploitant et le ministère de l’Environnement propriétaire des lieux. Après de lourds travaux il avait réourvert en juin 2017. Entièrement réaménagé le toit abrite un espace culturel, un restaurant et une promenade s’ajoutant au rooftop panoramique.