Il y a dix ans presque jour pour jour, le plus vieux des bâtiments de La Défense qui a célébré l’an passé ses soixante ans faisait l’objet de toutes les attentions. Pour son demi-centenaire, la foncière Unibail-Rodamco-Westfield (URW) alors Unibail-Rodamco à l’époque inaugurait en grande pompe la « version trois » de ce bâtiment historique qu’elle avait acquis en 1999.

Une rénovation qui faisait suite à une première menée à la fin des années 80 par le promoteur Christian Pellerin. A cette époque le célèbre bâtisseur de La Défense, président et fondateur de la Sari avait lancé une vaste restructuration pour changer la destination de cette grande voute en béton née en 1958. Finis les salons tels que le Nautique ou le Sicob, désormais le Cnit devait héberger sous sa coquille : bureaux, commerces, restaurants, hôtel et espaces de conférences.

De nouveaux accès seront créés comme celui-ci face à la Grande Arche – DR

Mais mal rénové pour certains, l’échec d’Informat, un espace consacré aux sociétés de l’informatique avait poussé URW à se lancer dans une nouvelle rénovation entre 2006 et 2009. Les espaces de commerces -le cœur de métier d’URW- sont alors privilégiés avec l’installation d’un Decathlon et d’un Monoprix et l’agrandissement de la Fnac. L’ancien espaces Infomart est métamorphosé et abrite le siège de SNCF Voyages. Le paquebot Cnit continue son offre multi-usages avec toujours à son bord des commerces & restaurants, des bureaux, un hôtel Hilton, des espaces de congrès… Une vraie petite ville.

L’espace Viparis fermé depuis 2015 rouvrira en 2022

Après avoir injecté plusieurs dizaines de millions d’euros, le Cnit semblait enfin reprendre vie. Mais le lancement des travaux d’Eole avec sa gare de La Défense creusée sous le Cnit va remettre en cause l’existence des espaces de conférence du Cnit. En effet Viparis, filiale à 50 % d’URW et 50 % de CCI d’Île-de-France est contraint de fermer cet espace de 21 000 mètres carrés qu’il exploite.

Trop bruyant, il n’est plus possible d’accueillir des événements tels que des salons, conférences et séminaires durant les travaux de construction de la gare de La Défense. D’autant plus que les équipes de chantier doivent occuper une bonne partie des lieux pour mener à bien les travaux et sacrifier par la même occasion une partie des parkings. Si les deux grands amphithéâtres sont fermés URW décide de continuer à faire vivre une partie de ces espaces en y installant dès la fin 2015 « Cnit Move », une zone de loisirs réunissant golf, bien-être, activité d’escalade en escape game. Seules ces deux dernières activités trouveront un succès et demeurent aujourd’hui toujours ouvertes.

Une nouvelle offre commerciale qui s’étendra sur 8 500 mètres carrés avec 45 boutiques et kiosques – DR

Et alors que les travaux pour édifier la nouvelle gare de La Défense battent leur plein sous le Cnit en vue de l’ouverture de la première partie de l’extension de ligne E du RER vers Nanterre en 2022, URW pense déjà à la fin du chantier titanesque. En plus de ses correspondances directes avec les quais du RER A et des trains du Transilien, cette gare cathédrale bénéficiera de plusieurs accès dont un principal vers la grande salle d’échanges. Ce dernier se fera via une faille qui remontera directement vers le Cnit afin de desservir d’une part donc la salle d’échanges de la gare historique de La Défense mais aussi directement le parvis aux deux extrémités du bâtiment (côté Grande Arche et côté Église Notre Dame de Pentecôte) sans oublier une émergence rue Gambetta, au pied de la tour Exaltis.

Le flot de voyageurs qui voudra sortir à La Défense devra donc transiter par le Cnit. Une aubaine pour URW qui a accueilli 13,9 millions de visiteurs dans son Cnit en 2018. La foncière qui avait déjà ajouté un niveau dédié aux commerces lors de la rénovation de 2009 en rajoutera un de plus, juste en-dessous. Ce nouvel étage sera l’occasion pour le riche propriétaire du Cnit de proposer aux dizaines de milliers de voyageurs quotidiens attendus une nouvelle offre commerciale qui s’étendra sur 8 500 mètres carrés avec 45 boutiques et kiosques. Quelques 2 000 mètres carrés seront consacrés à un espace « food market » avec une vingtaine de kiosques.

Tout comme pour le second niveau, ce troisième niveau de commerces sera baigné par un éclairage naturel – DR

34 500 mètres carrés consacrés aux commerces

Organisé en forme de croix, cet étage commercial permettra à l’ouest de sortir au pied de la Grande Arche et à l’est vers l’Eglise Notre-Dame de Pentecôte (et la nouvelle tour Trinity). Au centre il sera possible de remonter directement vers les autres niveaux du Cnit, et de rejoindre le parvis et au vers le sud de rallier la salle d’échanges.

Le nombre de commerces chiffré aujourd’hui à 32 sera ainsi plus que doublé. La surface consacrée au commerce qui totalise à ce jour 26 000 mètres carrés passera à 34 500 mètres carrés. Une augmentation moindre qui s’explique du fait que la Fnac, le Décathlon et le Monoprix occupent aujourd’hui une grande partie des espaces et que dans ce troisième nouveau niveau il ne sera pas prévu de grandes surfaces.

En 2022 le Cnit comptera un troisième niveau consacré aux commerces – DR

Fermé depuis le début de l’été 2015 l’espace Viparis du Cnit va lui aussi rouvrir d’ici à 2022. Une bonne moitié des 20 000 mètres carrés de ce centre des congrès seront rénovés tout comme les deux grands amphithéâtres, le Goethe (750 places) et le Léonard de Vinci (1 200 places) et la vingtaine de salles modulables. Car pour installer le nouveau niveau de commerces et de correspondances de la gare, les anciens espaces d’expositions Pierre Curie (4 000 mètres carrés) et Marie Curie (4 900 mètres carrés) seront eux sacrifiés.

Ces nouveaux commerces permettront de créer un lien direct entre la nouvelle gare Eole et l’actuelle gare de La Défense – DR

Avec ce nouvel espace de congrès Viparis ambitionne d’organiser une soixantaine d’événements par an afin qu’il redevienne un lieu incontournable pour les entreprises en recherche d’espaces. Car depuis la fermeture de l’espace du Cnit, l’offre de grandes surfaces événementielles est devenue quasi inexistante à La Défense. Seul l’Espace Grande Arche (également géré par Viparis) propose des espaces modulables mais pas d’amphithéâtre. On peut également rajouter la Paris La Défense Arena et ses 30 000 places, mais qui elle n’est pas propriétaire d’URW et n’est pas exploitée par Viparis.

Quant à l’avenir de l’Escape Game Team Break et des murs d’escalades de Blockbuster -qui ont rencontré un grand succès auprès du public- du côté d’URW on indique essayer de trouver un point de chute dans le Cnit pour ses activités afin de conserver cette mixité d’usages du plus vieux bâtiment de La Défense qui n’a pas dit son dernier mot.

Quelques 2 000 mètres carrés seront consacrés à un espace « food market » avec une vingtaine de kiosques – DR