L’exposition “Too young to wed” à la Grande Arche bouleverse la ministre de la Culture

Françoise Nyssen, la ministre de la Culture s'est rendue ce mardi à l'Arche du Photojournalisme le nouvel espace d'exposition installé sur le Toit de l'Arche.

Françoise Nyssen, la ministre de la Culture a visité avec Jean-François Leroy, le directeur artistique de l’Arche du Photojournalisme l'exposition "Too young to wed" à la Grande Arche - Defense-92.fr

C’est une visite qui a fortement ému la ministre de la Culture. Ce mardi 1er août Françoise Nyssen s’est rendue à l’Arche du photojournalisme, le nouvel espace d’exposition sur le Toit de l’Arche ouvert le 1er juin dernier. Une occasion pour elle d’y découvrir “Too young to wed” (“Mariées trop jeunes”) l’exposition bouleversante de la photographe américaine Stéphanie Sinclair qui présente pour la première fois en France son travail. Cette enquête de plus de dix ans a débuté en Irak en 2003 quand Stéphanie Sinclair réalise un reportage sur l’immolation de jeunes filles afghanes préférant se donner la mort plutôt que d’être mariées de force et violées. Depuis l’artiste a parcouru de nombreux pays de l’Ethiopie à la Sierra Léone en passant par le Yémen, l’Afghanistan, l’Indonésie ou encore les Etats-Unis pour révéler ces atrocités.

175 photographies glaçantes sont à découvrir dans cette exposition bouleversante

Nichée au dernier niveau de l’Arche, l’exposition présente sur 1 200 mètres carrés dans un espace épuré aux murs de béton brut et au sol revêtu d’un parquet 175 photographies dont 113 inédites. Ces clichés, poignants retracent le destin tragique de jeunes filles mineures, parfois encore fillettes mariées de force à des hommes.

Ces images montrent avec horreur les pires vices de l’homme comme Faiz, cet afghan de 41 ans tout heureux de s’apprêter à épouser Ghulam, une fillette de onze ans. L’objectif de Stéphanie Sinclair a également immortalisé une jeune indonésienne excisée par sa famille à Bandug. Mais la dénonciation artistique de ces abominations ne s’intéresse pas qu’aux fillettes du Moyen-Orient, de l’Asie ou de l’Afrique. Une souffrance pour des millions de jeunes filles qui touche aussi les pays développés. Avec effroi l’artiste met en lumière ces dizaines de mineures mariées de force dans un ranch d’une Église fondamentaliste des saints derniers jours (FSDJ) situé près d’Eldorado.

Guidé par Jean-François Leroy, le directeur artistique de l’Arche du Photojournalisme, Françoise Nyssen n’a pas pu cacher son émotion durant la visite d’une trentaine de minutes versant par moment discrètement des larmes.

Faiz, un afghan de 41 ans s’apprête à épouser Ghulam, une fillette de onze ans – Stéphanie Sinclair

” Je suis sous le choc, terrassée par ce que je viens de voir”

“Je suis sous le choc, terrassée par ce que je viens de voir, c’est une telle émotion, une telle réalité que l’on prend en plein dans la vue, lâche-t-elle. Je découvre ce lieu, c’est la première fois qu’une exposition d’une telle ampleur est organisée. C’est l’horreur absolue, c’est maintenant, dans notre monde”.

Touchée, la ministre de la rue de Valois poursuit : ” En France, nous allons travailler à ce que la culture fasse savoir ces atrocités en permettant un accompagnement, une diffusion, un raisonnement. Il y a une question de valeurs et de soutien à apporter et nous sommes présents. Nous voulons soutenir le travail qui est fait ici. La culture a pour rôle de nous enrichir par la connaissance de ce qui se passe. Le sujet de ces jeunes enfants mariés, mérite toute notre indignation et notre révolte”.

Si ces pratiques tabou dans beaucoup de pays et peu médiatisées continuent de détruire des millions de vies, Jean-François Leroy note une amélioration. “Ce phénomène connaît une sorte de plateau et nous ne pouvons que nous en réjouir, même si les chiffres restent effrayants. La culture et l’éducation c’est cela qui permettra de faire prendre conscience aux gens que les femmes ne sont pas une marchandise que l’on exploite, que l’on viole, que l’on marie”.

L’exposition “Too young to wed” qui a déjà accueilli 10 000 visiteurs est à découvrir jusqu’au 24 septembre prochain. Suivra dès le mois d’octobre une rétrospective dédiée au photo-reporter américain Eugene Richards.

Parallèlement à “Too young to wed” l’Arche du photojournalisme présente sur 200 mètres carrés des expositions “pop-up” capables de s’adapter en quelques jours à l’actualité.

Le Toit de l’Arche est ouvert tous les jours de 10 heures à 19 heures. Comptez 19 euros par adulte pour une visite donnant un accès complet au Toit et l’exposition. Informations et tarifs sur Lagrandearche.fr.

Un espace de 1 400 mètres carrés est dédié à l’exposition du photojournalisme sur le Toit de la Grande Arche – Defense-92.fr