A chaque année son lot de soucis, mais il faut le dire cette édition 2019 aura été plus que compliquée pour le Marché de Noël de La Défense. Alors que tout semblait bien débuter avec une météo clémente, un climat terroriste apaisé et une économie en rebond… patatras ! la grève des transports débutée le 5 décembre dernier est venu tout gâcher.

Si la ligne 1 du métro -qui est automatique- a toujours bien fonctionné, le RER A qui transporte quotidiennement 1,2 million de passagers fût lui très touché avec un service minimum assuré uniquement en heures de pointe. Et la situation a été guère mieux sur les lignes du Transilien. Résultat : les salariés du quartier d’affaires très dépendants des transports en commun n’avaient pas vraiment l’esprit à faire leurs emplettes et s’encombrer de paquets de Noël dans des transports bondés. L’ambiance de Noël n’était pas dans la tête des visiteurs et aujourd’hui ce sont les quelques 300 commercants qui dépriment.

« C’est la crise ! Le midi avec les gens des bureaux ça allait mais le soir c’était mort », lâche une restauratrice de l’Auberge Alsacienne. Son collègue fait lui aussi grise mine. « C’était catastrophique, pourtant on avait très très bien commencé », se désole Emrick. « L’année dernière c’était les Gilets Jaunes, cette année les grèves et l’année prochaine ce sera quoi ? », s’interroge le restaurateur présent sur le village de La Défense depuis neuf ans.

« Il y a énormément de pertes à cause de la grève »

« C’était très moyen, la grève nous a plombés dès le premier jour », confie pour sa part Gilles, un fromager venu avec ses spécialités de Savoie et du Jura. « L’an dernier c’est les Gilets Jaunes qui nous avaient déjà plombés », poursuit le commerçant disant en vouloir aux grévistes de lui avoir sapé sa saison. D’après ses premiers calculs, le fromager dit avoir perdu près de 40 % de chiffre d’affaire par rapport à 2018.

Dans un autre petit chalet en bois c’est aussi la soupe à la grimace. « Il y a énormément de pertes à cause de la grève », explique Julien qui vendait des carnets ornés de couvertures en cuir.

Cette grève particulièrement importante et longue se ressent donc dans les chiffres de fréquentation du village de Noël. 1,243 million de visiteurs sont venus arpenter les allées tapissées de rouge pendant un peu plus d’un mois selon Codecom, l’organisateur de ce marché. A titre de comparaison ils étaient 100 000 de plus en 2018 avec environ 1,375 million. Si le samedi 7 décembre aura été la meilleure journée avec 97 300 personnes comptabilisés, la pire a été le jeudi 12 décembre ou ce sont seulement 16 240 personnes qui sont venues.

Une édition particulièrement difficile que reconnait Jean-Claude Meritte, le fondateur et directeur de Codecom, l’organisateur historique de ce marché de Noël de La Défense né en 1995 au pied de l’Arche. « La semaine du fait de la grève ça été beaucoup plus compliqué et difficile surtout le soir », concède Jean-Claude Meritte. Mais pour l’inventeur du village de La Défense les commerçants ont « globalement bien réagi malgré les soucis ». « Comme d’habitude il y a des vendeurs qui sont là depuis très longtemps et qui ont leur clientèle », explique-t-il tout en admettant que pour les nouveaux commerçants « ça été compliqué ».