Cela faisait huit semaines que les rideaux étaient baissés et les portes fermées. Alors que ce lundi sonnait l’heure du déconfinement et de la libération, partout en France c’était le soulagement pour les commerçants qui pouvaient enfin rouvrir. Dans le quartier d’affaires de l’ouest parisien, la vie a repris tout doucement. Une partie des commerçants de La Défense étaient autorisés à accueillir à nouveau leurs clients. Un soulagement pour bon nombre.

« Ça fait du bien de rependre la vie. Il y a déjà quelques clients », se réjouit Eric, le directeur de la boutique de prêt-à-porter pour femmes Shirel, implanté dans la gare de La Défense. Pour faire respecter les injonctions gouvernementales et le respect des gestes barrière, l’entrepreneur a tout prévu : « On a mis en place un parcours client, des protections en plexiglas à la caisse, du gel hydroalcoolique à disposition et le port du masque est obligatoire dans la boutique ».

Juste à côté, la boutique pour enfants Du Pareil au Même est elle aussi de nouveau ouverte. Une satisfaction pour la responsable. « Je suis contente de revenir travailler. Je ne suis pas faite pour rester à la maison », sourit Houriah.

Eric et David, les deux gérants de la boutique Shirel ont mis en place de nombreuses mesures pour accueillir leurs clients – Defensee-92.fr

Toujours dans la grande gare, la réouverture d’un commerce était particulièrement attendue. C’était celui du coiffeur Jean-Claude Biguine. Tout au long de la journée, hommes et femmes, n’ont pas arrêté de défiler dans le salon pour stopper la pousse de leurs cheveux. « J’ai accepté de reprendre le travail sans hésitation », lâche Andréa, l’une des coiffeuses. Son client est lui aussi ravi de retrouver une coupe de cheveux normale : « C’est bien que ça reprenne enfin ».

Dans la petite galerie marchande du quartier Michelet, une franchisée de l’enseigne Franck Provost a de nouveau le sourire. « Ça fait plaisir. Nous sommes libérés de chez-nous », explique Aurélie. Comme chez son concurrent, la patronne a dû mettre en place toutes une série de mesures, comme la limitation du nombre de clients dans la boutique, le port du masque obligatoire ou encore la mise à disposition de lotion hydroalcoolique.

La Fnac implantée dans le Cnit pouvait aussi rouvrir ce lundi. Et pour ce premier jour, il y avait un peu de monde dans les allées du magasin et plusieurs vendeurs. « Je suis content de reprendre, les conditions sont un peu spéciales », confie pour sa part Alexandre, un vendeur au rayon librairie. Si ce salarié dit avoir été mis au chômage technique par son employeur pendant presque deux mois il tempère en affirmant avoir reçu un complément de salaire par l’entreprise.

Du côté des restaurateurs, peu étaient ouverts. Car il faut le dire les consommations sur place restent toujours interdites et seules les ventes à emporter et les livraisons sont autorisées. Résultat : les restaurants ouverts ce lundi se comptaient sur les doigts d’une main. « C’est très calme mais on s’en doutait. On est un peu soulagés mais on est inquiets pour les prochains mois », se désole Rémi, le propriétaire de la sandwicherie Le Petit NM qui détient également le restaurant Le Nouveau Monde, qui reste lui fermé.

Le propriétaire de la sandwicherie Le Petit NM s’inquiète maintenant pour les prochains mois – Defense-92.fr

En bas de l’esplanade, dans le nouveau complexe Oxygen, la chaine Bio Burger a elle aussi eu du mal à attirer les estomacs affamés. « On pense avec notre directeur que ça sera calme jusqu’en juillet mais on espère que ça reprendra le plus tôt possible », confie Yves, un salarié de la petite chaine de burgers. Pour pallier le manque des clients qui prendront leurs burgers à emporter, l’enseigne mise désormais sur les livraisons à domicile.

Si certains commerces ont donc pu rouvrir dès ce lundi, beaucoup n’ont pas eu le droit. C’est le cas pour les très nombreuses enseignes du centre commercial Westfield Les 4 Temps, propriété de la foncière Unibail-Rodamco-Westfield (URW). Car avec ses 141 000 mètres carrés, cet immense mall n’a pas été autorisé à rouvrir dans l’immédiat. Si le gouvernement avait laissé au début la décision aux préfets d’autoriser les centres de plus de 40 000 mètres carrés à rouvrir, finalement, le ministre de l’Économie, Bruno Lemaire avait annoncé jeudi dernier que tous ces grandes galeries marchandes ne pourraient se relancer en Ile-de-France. Malgré les nombreuses mesures sanitaires qu’avait proposé le groupe immobilier URW aux autorités, la crainte de voir des populations venir d’un peu partout se masser dans les allées du centre aura donc entrainé un refus de réouverture. Le Cnit, également propriété d’URW, qui développe un peu moins de 29 000 mètres carrés de commerces a lui pu rouvrir.

Une chose est certaine : le retour des salariés à La Défense sera très long. Paris La Défense, prévoit une reprise progressive avec 25 % des salariés de retour en juin puis 30 % pendant l’été, en raison des congés notamment. C’est seulement en septembre que le quartier pourrait enfin reprendre sa vie habituelle.

Les salons de coiffures, comme ici Jean-Claude Biguine ont pu rouvrir ce lundi – Defense-92.fr