Il y a vingt ans la Ratp donnait naissance au tramway T2

La ligne T2 du tramway qui relie aujourd’hui le Pont de Bezons à la Porte de Versailles par La Défense a fêté ce 2 juillet son vingtième anniversaire.

Une rame TFS du tramway T2 quittant la gare de Puteaux en direction de celle de La Défense en 1997 - Jean-Henri Manara

Le T2 souffle ses vingt bougies alors qu’une partie de la ligne est actuellement fermée pour travaux. Il y a vingt ans, un 1er juillet 1997, la Ratp inaugurait la seconde ligne du tramway d’Ile-de-France quelques années après la première en Seine-Saint-Denis marquant ainsi le retour de ce mode de transports disparu après la seconde guerre mondiale.

L’histoire débute le 1er mai 1889 avec l’inauguration par la Sncf de la ligne Les Moulineaux ouverte juste à temps pour l’Exposition Universelle de 1889. La ligne longeant la Seine relie alors les gares de Puteaux au Champ de Mars à Paris, au pied de l’œuvre phare de l’Exposition, la Tour Eiffel, avant de voir son terminus ramené à Issy-Plaine avec sept arrêts intermédiaires.

Mais cent ans plus tard la ligne à bout de souffle manque cruellement d’investissements et les voyageurs se font de plus en plus rares. La Sncf ne croit plus en cette ligne et la ferme définitivement le 21 mai 1993 un peu plus de cent ans après son ouverture.

Si l’entreprise ferroviaire décide de s’en séparer la ligne ne va pas subir le même sort que la Petite Ceinture et une modernisation est inscrite au contrat de plan État-Région pour la transformer en tramway. Le schéma de principe est pris en considération par le Syndicat des transports parisiens le 23 octobre 1991. Le syndicat, conformément à ses statuts, décide donc cette année là de la transformer en ligne de tramway en vue d’en retirer l’exploitation à la Sncf pour la confier à la Ratp qui a l’expérience de la ligne T1. Dans le régime domanial qui est alors celui en vigueur, la Sncf (contrairement à RFF puis Sncf Réseau à compter de 2015) n’est que l’affectataire de la plateforme dont le propriétaire est l’État. La concertation préalable à la déclaration d’utilité publique se déroule en décembre 1991 et janvier 1992, et cette dernière est prononcée le 18 mars 1993 pour une mise en service prévue en 1996.

Un premier blocage à cause de l’ancien maire de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud

Les travaux sont lancés quelques mois après la fermeture de l’ancienne ligne Les Moulineaux en septembre 1993. L’année qui suit, Charles Ceccaldi-Raynaud, le maire RPR de Puteaux entame un recours contre la déclaration d’utilité publique, exigeant des aménagements pour sa commune en raison des nuisances qu’apporterait, selon lui, la nouvelle ligne de tramway. Si les travaux se poursuivent à bon rythme entre Puteaux et Issy ils sont stoppés à cause du conflit au nord de la ligne qui doit être prolongée vers la gare de La Défense en utilisant l’un des quais Sncf de la gare.

A l’issue de nombreux mois de procédure, le Tribunal administratif rejette le recours de l’édile, considérant les demandes du maire infondées en raison du caractère peu bruyant du tramway. Cette opposition aura tout de même entrainé un important retard de dix-huit mois de la mise en service de la ligne.

Le coût du projet est chiffré à 94,52 millions d’euros, auxquels il faut ajouter 41,47 millions d’euros pour les seize rames Tramway Français Standard (TFS), identiques à celle de la T1. La ligne relie désormais La Défense à Issy-Val-de-Seine avec au total treize stations entièrement réaménagées et adaptée pour les PMR.

Une mise en service de la ligne en 1997 pour accompagner les JMJ

C’est donc avec plus d’un an de retard que la ligne désormais exploitée par la Ratp est inaugurée. Elle est mise en service le 2 juillet 1997, le lendemain de son inauguration à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) se tenant du 19 au 24 août dans la capitale.

Très rapidement la ligne offre une renaissance à cet axe et sa fréquentation ne cesse de progresser passant de 3,1 millions de voyageurs pour sa demi-première année d’exploitation à 19,9 millions de voyageurs en 2006.

Depuis la ligne qui transporte quotidiennement 220 000 voyageurs par jour a évolué à de multiples reprises. Très rapidement après son ouverture pour faire face à la croissance des usagers les quais sont doublés. Ne pouvant pas coupler les rames TFS, la Ratp décide de les remplacer par des Citadis 302. Et c’est encore une fois à Puteaux que la mise en place des double-rames va coincer. Si toutes les stations de la ligne sont adaptées, la nouvelle maire, Joëlle Ceccaldi-Raynaud (UMP), opère un blocage pour la mise en service d’un nouvel escalier et d’un ascenseur à la gare de La Défense. C’est finalement le 5 septembre 2005 que le doublement des rames est effectif.

Un prolongement vers le sud en 2009 et vers le nord en 2012

La ligne va une première fois être prolongée de 2,3 kilomètres avec quatre nouvelles stations le 21 novembre 2009 vers la Porte de Versailles. Puis trois ans plus tard, le 19 novembre 2012 la ligne file vers le nord au Pont de Bezons avec la création de sept nouvelles stations. La ligne T2 qui pourrait dans l’avenir s’étendre vers Sartrouville est désormais longue de 17,9 kilomètres et totalise 24 points d’arrêt dont des deux terminus. Il faut compter en moyenne 45 minutes pour relier les deux extrémités de la ligne.

Le plan de la ligne T2 du tramway – Ratp

  • Jeff

    La dynastie Ceccaldi règne sur son fief Putéolien (une enclave clientéliste façon république bananière) depuis des décennies. Les transports en commun, vus comme associés aux « gueux » (les gens « normaux » roulent en voiture), sont une source fantasmatique de gêne et doivent donc être combattus (« car tel est nostre bon plaisir »).
    La réalité économique rattrape cette conception moyenâgeuse car après l’ouverture du T2, les agences immobilières ont très vite utilisé la proximité du tram comme argument de vente des habitations riveraines !