Meurtre de John Dowling : le profil intrigant de l’assassin

L’homme qui a assassiné d’une quinzaine de coups de couteau John Dowling, un professeur d’anglais du pôle universitaire Léonard de Vinci révèle un profil inquiétant.

Ali R. a reconu avoir poignardé mortellement son ancien professeur d'anglais John Dowling - Facebook

On en connait un peu plus sur le profil du meurtrier de John Dowling, l’enseignant d’anglais poignardé ce mercredi d’une quinzaine de coups de couteau devant le pôle universitaire Léonard de Vinci. Décrit par plusieurs étudiants comme étrange, Ali R, un pakistanais de 37 ans, apparaît comme très religieux et patriote.

Lors d’un point presse ce jeudi, Catherine Denis, la procureure de Nanterre, a détaillé le ressentiment « obsessionnel » de cet homme de croyance musulmane à l’endroit de l’université qui l’a renvoyé en septembre 2017, après l’échec de sa première année d’études. L’homme était arrivé en France il y a deux ans pour intégrer l’école de management (EMLV). Son année 2016-2017 n’avait pas été validée. Depuis son éviction il venait régulièrement à la fac où il s’était rendu indésirable au point que l’accès lui avait été interdit. Une information confirmée par plusieurs étudiants qui l’ont connu et ont expliqué l’avoir vu régulièrement rôder aux abords du campus.

L’homme motive son geste par un dessin du prophète qu’aurait fait John Dowling

Lors de son dernier passage ce mercredi l’homme a croisé son ancien professeur John Dowling avec lequel il a eu une discussion devant l’université sur la place Mona Lisa. Soudain vers midi l’homme sort de la poche de sa veste un couteau à steak acheté le matin même dans un supermarché de Colombes. Il lui servira pour poignarder mortellement sa victime d’une quinzaine de coups au visage, au cou, au thorax. L’individu est alors rapidement maîtrisé par des étudiants témoins de la scène. Mais il est trop tard. Johan Dowling est déclaré mort vers 12h30 après que les pompiers aient tenté une réanimation cardiaque.

Interrogé sans relâche par les enquêteurs, Ali R. qui vivait à la rue depuis plusieurs mois et n’avait pas fait renouveler son titre de séjour a reconnu son acte. Ce pakistanais en voulait à toute la fac et plus particulièrement à John Dowling. Selon ses dires, l’enseignant « avait fait un dessin, diffusé en cours, insultant pour le prophète ». Un motif surprenant que personnes n’atteste. John Dowling était tout au contraire décrit comme quelqu’un de « bienveillant » et « apprécié de tous » par ses élèves et collègues qui lui ont rendu dans l’émotion un vibrant hommage ce jeudi. « Personne ne se souvient d’un tel incident », a précisé la procureure qui écarte en revanche la thèse d’un acte terroriste : « Nous n’avons pas d’éléments de radicalisation. Mais plutôt le sentiment d’avoir affaire à quelqu’un de très religieux, pieux, très pratiquant. Il n’est connu d’aucun service de renseignement et n’a aucun antécédent judiciaire, en tout cas en France ».

Sur son profil Facebook qui arborait « en image de couverture » une photo du pôle universitaire, Ali R. avait quelques minutes à peine avant son passage à l’acte posté de nombreux messages inquiétants faisant référence à sa religion et plus tôt dans la semaine des posts vouant sa haine contre les juifs.

Ce vendredi, il sera présenté à un juge et, sauf surprise, mis en examen pour assassinat.