L’Epadesa et Defacto scellent leurs fiançailles mais se séparent de Nanterre

Le conseil des ministres a acté ce mercredi l'ordonnance qui fixe les modalités de la fusion de Defacto et l'Epadesa qui doit désormais intervenir pour le 1er janvier 2018.

Le quartier de La Défense depuis l'Arc de Triomphe en août 2016 - Defense-92.fr

C’est en sorte un retour en arrière. Le conseil des ministres qui s’est réuni ce mercredi 4 mai vient d’acter l’ordonnance qui fixe les modalités de la fusion entre Defacto, l’établissement en charge de la gestion de La Défense et l’Epadesa, l’aménageur de La Défense Seine-Arche, qui avait été annoncée par l’ancien Premier ministre Manuel Vals en octobre 2015. Cette ordonnance fait suite au vote par l’Assemblée nationale en février dernier de l’article 55 de la Loi Paris permettant ce mariage.

La nouvelle structure baptisée « Paris La Défense » qui entrera finalement en fonction à partir du 1er janvier 2018 reprendra donc le périmètre historique de l’ex-Epad dit « la poire » c’est à dire tout ce qui se trouve à l’intérieur du boulevard circulaire de La Défense. Le périmètre précis qui devrait englober les quartiers Valmy, des Vosges ou encore des Saisons qui jouxtent la poire sera défini ultérieurement par le prochain gouvernement par un décret.

Un établissement qui sera désormais sous la gestion des collectivités locales

Mais à la différence de l’Epad le nouvel établissement qui s’occupera de l’aménagement de La Défense et de sa gestion sera directement sous la houlette des collectivités locales et non plus de l’Etat, qui sera minoritaire au conseil d’administration. Les communes de Puteaux sur laquelle deux tiers de La Défense est implantée et celle de Courbevoie pour un tiers ainsi que le conseil départemental des Hauts-de-Seine, la région Ile-de-France de Paris et la métropole du Grand Paris prendront désormais les décisions de la nouvelle structure et devront surtout s’occuper de son financement. Là encore le décret qui doit paraitre dans les prochaines semaines établira les modalités exactes.

Et autres changements de taille la ville de Nanterre qui est aujourd’hui en partie intégrée à l’Epadesa va retrouver son indépendance et ne sera plus dans le périmètre du nouvel établissement Paris La Défense. Une décision qui fait la joie de Patrick Jarry, le maire divers-gauche de Nanterre qui se félicite que la future U Arena qui sera inaugurée en octobre prochain se retrouve désormais dans son domaine de compétence.

Nanterre se réjouit de retrouver son indépendance

Le maire pourra toutefois intégrer une partie de sa ville dans Paris la Défense puisque le gouvernement a prévu dans son ordonnance du 3 mai que le nouvel établissement puisse intervenir au-delà de son champs d’action sous l’accord de la ville concernée et de l’Etablissement Public Territorial Paris Ouest La Défense (Pold).

De son côté Marie-Célie Guillaume la directrice de Defacto qui pourrait prendre les rênes de Paris La Défense se réjouit également de la publication de cette ordonnance : « C’est une étape historique. L’Etat décentralise l’aménagement du quartier d’affaires aux collectivités locales, au premier chef desquelles le département, estimant qu’il est le seul à même d’améliorer significativement l’attractivité de La Défense. En quelques années d’existence, Defacto a prouvé qu’une gestion de proximité était beaucoup plus efficace, le transfert des compétences d’aménageur est la suite logique de ce constat. Manuel Valls a pris il y a déjà 18 mois cette décision courageuse, contre l’avis des administrations d’Etat qui n’ont eu de cesse de chercher à en bloquer la mise en œuvre », explique t-elle. Et de poursuivre : « L’ordonnance est prise in extremis, juste avant la fin du mandat, ce qui permet de clarifier les choses et de fixer un cap pour les salariés des deux établissements, Epadesa et Defacto, qui attendent depuis trop longtemps d’être éclairés sur leur sort, mais aussi pour tous les acteurs et parties prenantes du quartier d’affaires ».

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