L’Etat va transférer l’aménagement du quartier de La Défense aux collectivités locales

Annoncée en début d’année, par le Premier ministre Manuel Valls, la fusion des deux établissements publics de La Défense Defacto et l’Epadesa, va se concrétiser dès cet été.

Le quartier de La Défense depuis le pont de Neuilly en juillet 2016 - Defense-92.fr

C’est bientôt la fin de presque soixante ans de main mise de l’Etat sur La Défense. Le transfert par l’Etat aux collectivités locales de l’Epadesa, l’établissement public d’aménagement de La Défense Seine-Arche qui s’autofinance en vendant des droits à construire, sera inclus dans une loi présentée le 3 août prochain en conseil des ministres.

Annoncé, en octobre dernier par le Premier ministre Manuel Valls, le transfert de la gouvernance de l’Epadesa (issu de la fusion de l’Epad et l’Epasa en 2010) vers les collectivités locales leur permettra de fusionner l’aménageur avec le gestionnaire de La Défense Defacto, déjà dans leur giron depuis sa création en 2009. Cette fusion interviendra huit ans après la scission de l’Epad où les activités d’aménageur et de gestionnaire avaient été séparées en deux établissements distincts.

Pour permettre cette décentralisation, le gouvernement compte agir par ordonnance avec une habilitation à légiférer figurant dans l’article 37 du projet de loi afin de créer la nouvelle structure locale.

Le nouvel établissement doit entrer en activité au début de l’année 2017

L’Etat ne se désengagera pas totalement du nouvel établissement qui doit entrer en activité début 2017 et devrait conserver des sièges au sein du conseil d’administration dont la répartition n’est pas encore connue. Les villes de Puteaux, Courbevoie, Nanterre et La Garenne Colombes, la région Ile-de-France et le département des Hauts-de-Seine seront cependant majoritaires.

Interrogé par l’AFP, Patrick Devedjian, le président des Hauts-de-Seine et de Defacto s’est félicité de cet “acte de décentralisation”. Pour l’homme fort du 92 “L’Etat s’est rendu compte que La Défense courait les plus grands périls faute d’investissements auxquels l’Etat ne s’est jamais résolu”. L’élu qui espère attirer des entreprises concernées par le Brexit estime que La Défense est un enjeu “vital” et que le quartier est “premier moteur économique de la France et aussi le moteur économique des Hauts-de-Seine”.

“Tous les utilisateurs de La Défense voient dans quel état elle est et s’en plaignent”, a ajouté le député à l’AFP selon qui “il faut investir 50 millions d’euros par an pendant dix ans” pour rénover notamment les sous-dalle. “On va emprunter !”, dit-il, “La Défense est presque entièrement construite, c’est un quartier qui est achevé. Il y a très peu de droit à construire à vendre, donc il n’y a plus de recettes à espérer”.