La tour Alto revêt ses écailles de verre

Lancé il y a deux ans le chantier de la tour Alto avance à bon rythme. Depuis l’été dernier Bouygues, son constructeur a commencé à poser les 3 700 écailles de verre qui composeront sa façade.

Le chantier de la tour Alto avance au rythme d'un étage par semaine - Defense-92.fr

Ça façade iconique fera d’Alto à son inauguration un objet architectural unique dans le paysage de La Défense. Lancé il y a un peu plus de deux ans avec la démolition de l’ancien immeuble des Saisons, le chantier d’Alto continue sa rapide progression au rythme d’un étage par semaine. En tout Alto en comptera 37, totalisant une hauteur de 160 mètres.

Si ce chantier complexe de par son terrain exigu et enclavé entre la tour First, une résidence d’habitation, un réseau de voirie dont le boulevard circulaire, mais aussi un conduit de RTE, a poussé Bouygues Construction à utiliser une multitude de méthodes pour concevoir les fondations d’Alto, la façade de la tour relève elle aussi un grand défi technique pour l’entreprise.

Le noyau en béton de la tour est construit avec un système de coffrage grimpant – Defense-92.fr

Avec seulement 700 mètres carrés à sa base, la tour s’évase à chaque niveau d’une douzaine de centimètres pour avoir au 37ème étage, le sommet du building un étage de 1 700 mètres carrés. Cette configuration très atypique dans le quartier où les bâtiments sont généralement de formes simples rend chaque étage unique. Cette configuration a donc un impact sur la façade de l’édifice.

Car si les architectes de l’agence IF Architectes à l’origine du projet, auraient pu se contenter d’une robe de verre plane et uniforme, comme cela se fait presque toujours à La Défense, ils ont choisi d’habiller le building d’écailles de verre. « Le choix des écailles relève à la fois d’une fonction pratique, car elles recouvrent les grilles d’air, et d’une fonction esthétique et acoustique, en faisant office de ‘matelas’ sur le plan technique », explique Sandra de Lamotte, l’architecte associée avec Bernard Lamy et Arnaud Doiteau.

Le coffrage grimpant d’Alto est levé à l’aide des deux grues du chantier – Defense-92.fr

3 700 écailles de verre et d’acier pour habiller Alto

En tout ce sont 3 700 écailles, presque toutes différentes qui vont habiller les 17 500 mètres carrés de la façade d’Alto. Ces écailles, disposées d’un tiers en décalage d’un niveau sur l’autre sont faites de verre et d’acier et sont réparties en neuf familles principales (70 en tout) avec environ 1 200 codes d’assemblage différents. Cette multitude de configuration les rend donc uniques. Seules une centaine d’écailles sont identiques.

Chaque châssis est placé sur brancard avant d’être levé par une petite grue pour être installé sur la façade – Defense-92.fr

« A chaque niveau la circonférence de la tour augmente de 75 centimètres. Avec l’architecte on ne voulaient pas voir apparaitre une forme d’escalier en façade », explique Ludovic Corbeil, le directeur du chantier chez Bouygues Construction. Au lieu d’ajouter un demi-panneau de façade par étage pour compenser cette élévation, il a été décidé d’augmenter le nombre de panneau seulement tous les cinq étages. Toute l’astuce réside donc dans une légère augmentation de la largeur de chaque panneau ou de leurs joints afin de garder une proportion.

Fabriqués près de Venise par l’entreprise italienne Permasteelisa les châssis sont livrés à rythme régulier sur le chantier pour être posés selon un ordre bien précisé. « Tous les châssis constitués d’un bloc de façade et d’une écaille sont posés en même temps. Il sont munis d’un code barre et assemblés sur place », indique Ludovic Corbeil. Les panneaux qui pèsent en moyenne 400 kilos sont ensuite placés sur un brancard puis hissés par une petite grue mobile située deux étage au-dessus avant d’être fixés. Cette opération qui ne nécessite que quelques minutes est alors répétée, ainsi de suite.

Il faut seulement quelques minutes pour poser un châssis constitué d’un bloc de façade et d’une écaille – Defense-92.fr

Déjà bien avancé l’assemblage des écailles qui en est aujourd’hui au onzième niveau permet désormais d’imaginer Alto achevée. « Nous sommes très impressionnés, Bernard, Arnaud et moi-même par le résultat des trois années de travail sur la façade. Le jeu cinétique des reflets de la lumière anime les écailles de verre et suscite l’émotion », se réjouit Sandra de Lamotte.

« En septembre on a passé les 220 ouvriers, avec une cinquantaine de personnes à l’encadrement », détail Ludovic Corbeil. À son pic le chantier comptera près de 450 personnes. « Aujourd’hui on est à jour sur le planning. On a une météo clémente depuis juin, çà nous a changé de l’hiver dernier où on a eu des tempêtes, du froid et de la neige », poursuit Ludovic Corbeil.

Si la météo ne vient pas embêter les ouvriers la réalisation du gros-œuvre d’Alto et sa façade devraient toucher à sa fin l’été prochain. Le chantier de la tour ne s’achèvera lui pas avant le second trimestre de l’an 2020. D’ici là son investisseur et son promoteur espèrent bien avoir commercialisé les 51 200 mètres carrés du gratte-ciel.

La tour Alto sera composée de 3 700 écailles de verre et d’acier – Defense-92.fr