Le musée caché de La Défense va devoir trouver une nouvelle adresse

Implanté sous la dalle de La Défense depuis 25 ans le Centre national des arts plastiques (Cnap) va devoir partir en 2018, son bail arrivant à échéance.

Les réserves du Cnap - Defense-92.fr / Cnap / Adagp

Il y a des lieux secrets à La Défense, méconnus de beaucoup. La réserve du Cnap en fait partie. Implanté à une vingtaine de mètres sous la dalle au niveau de la tour Ariane, le Centre national des arts plastique (Cnap) héberge quelques 30 000 peintures, photos et dessins stockés dans un enchevêtrement de grilles qui constituent la réserve du Fonds national d’art contemporain (Fnac) dont seul le bâtiment “La Défonce” de l’artiste François Morellet est la partie émergée de l’iceberg. Mais après plus de vingt-cinq ans ce musée “sans murs” devenu trop étroit pour des œuvres parfois surdimensionnées va devoir partir en 2018 : date de l’échéance du bail du Cnap. “Nous travaillons à la recherche d’un lieu plus adapté, à même de stocker l’ensemble des œuvres de notre collection” explique Aude Bodet, la directrice de la collection du Cnap.

Un espace qui réunit quelques 30 000 peintures, photos et dessins

Car si pour l’heure le Cnap ne paye qu’un loyer symbolique -un euro par an- pour occuper les 3 800 mètres carrés de cet espace (dont 2 500 mètres carrés de réserve), aujourd’hui Defacto souhaite le récupérer et en tirer des revenus. “Nous avons encouragé le Cnap à être plus ouvert au quartier d’affaires et aux gens qui y travaillent, y vivent ou le visitent, mais le lieu est resté inaccessible” confie Marie-Célie Guillaume, la directrice de Defacto. “Nous n’avons pas vocation à être ouvert au public, c’est une réserve” répond Aude Bodet. “Bien qu’il y ait eu des collaborations avec Defacto à l’occasion de l’exposition “Anticipation d’une ville” dans l’ancienne Galerie Defacto et dans le cadre du projet “Là pour toi” avec la diffusion d’œuvres artistiques sur l’écran géant des 4 Temps, l’essentiel de notre mission est de soutenir la création d’aujourd’hui et de diffuser les œuvres sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger” poursuit-elle. Une grande partie de la collection est d’ailleurs consultable librement depuis février sur le site internet du Cnap.

Que va devenir cet espace sous-dalle ? “Pour l’instant il n’y a encore rien de défini, mais nous veillerons à la fin du bail en 2018 à ce qu’un lieu d’animation ou de service s’y développe pour les utilisateurs du quartier” promet la DG de Defacto. Car depuis ces dernières années, le gestionnaire de La Défense (qui rappelons le doit fusionner avec l’Epadesa en 2017) a pour ambition d’apporter de la vie sous la dalle comme avec le projet “Table Square”.

Soixante-dix personnes travaillent au Cnap à La Défense

Le Cnap est l’héritier de la Division des Beaux-arts des sciences et des spectacles fondée en 1791. Il a notamment pour mission de soutenir la création en acquérant chaque année environ 300 œuvres contemporaines. Sur ses 100 000 acquisitions faites au cours des deux derniers siècles, deux tiers sont en dépôt dans les musées et les administrations françaises dont les ministères.

À La Défense, la réserve du Cnap héberge une trentaine de personnes chargées de veiller sur ce trésor, de les préparer en vue d’un prêt ou de les réceptionner et de les restaurer si besoin. L’autre partie de l’équipe (une quarantaine de salariés) occupe un étage dans la tour Atlantique.