Ils n’étaient pas contents et l’ont fait savoir à leur direction. Une petite trentaine de salariés de l’hypermarché Auchan du Westfield Les 4 Temps ont manifesté leur colère ce vendredi en fin d’après-midi pour protester contre la décision du groupe de distribution nordiste de verser « la prime de 1 000 euros » au prorata du temps de travail. Cette prime d’un millier d’euros avait été promise en mars dernier par Auchan suite à l’appel d’Emmanuel Macron de « récompenser » les salariés mobilisés durant le confinement causé par le Coronavirus (Covid-19).

Réunis devant les caisses de la grande surface à l’appel de l’Unsa, ces salariés, en grande partie des étudiants et temps-partiels ont scandé dans une ambiance bon enfant et sous les regards étonnés des clients des slogans comme « Auchan menteur » ou encore « Le virus, notre prime ».

« Nous avons participé à l’effort pendant la pandémie. Nous voulons que la prime soit la même pour tous les employés », s’agace Yness, une salariée étudiante avec un contrat de 25 heures. La jeune femme qui travaille dans l’hyper de La Défense depuis quatre ans n’obtiendra ainsi que 600 euros.

« La totalité du personnel en secteur caisse sont des temps-partiels et des étudiants. Ce sont eux qui ont été en première ligne et qui ont pris le plus de risques. Nous voulons qu’ils aient tous, les 1 000 euros », martèle Eric Romagne, élu Unsa. « Nous sommes là pour soutenir les étudiants. Nous demandons que cette prime soit la même pour tout le monde », rajoute pour sa part Karim Arbaoui, délégué syndical Paris-Nord Unsa Auchan, qui dénonce par ailleurs « la pression faite » par certains managers sur les salariés qui ont débrayé. Et le représentant de l’Unsa promet d’autres actions à venir.

De son côté l’enseigne au moineau que nous avons contacté défend son choix de verser cette prime au prorata. « C’est une décision d’entreprise », explique le groupe qui rappelle que cette prime concernera 65 000 des 73 000 salariés en France.