Les temps sont durs pour les commerçants du quartier d’affaires. Lancé le jeudi 5 décembre dernier, le mouvement social des agents de la SNCF et de la RATP commence à avoir de sérieuses répercussions. Avec des lignes de métro à l’arrêt, d’autres partiellement ouvertes comme pour les RER et Transilien la situation est de plus en plus pénible pour les dizaines de milliers de salariés de La Défense et en particulièrement du côté des commerçants.

Car contrairement à tous les salariés qui travaillent dans des bureaux et qui peuvent opter pour le télétravail, pour ceux qui bossent dans des boutiques et restaurants, l’option n’est pas possible. A quinze jours de Noël, le centre commercial Westfield Les 4 Temps dont les allées sont habituellement bourrées de clients en cette période de l’année sont désespérément vides en fin de journée.

« Il y a une baisse de la fréquentation. Si la grève se poursuit ça va devenir inquiétant », explique Jennifer, une vendeuse de la boutique New Balance. Même son de cloche dans une autre boutique de la galerie marchande. « On ressent vraiment la baisse par rapport à la même période l’année dernière, confie Stevens, responsable adjoint de l’une des deux boutiques Celio. Lundi il y a eu un gros impact et aujourd’hui aussi (ce mardi, ndlr). On ressent facilement 50 % de fréquentation en moins. On est inquiets, ce qui est perdu on ne le rattrapera pas ». Mais il n’y a pas que les clients qui manquent. Car avec des transports extrêmement perturbés et souvent fermés dès 19h30, les salariés de ces boutiques ont dû mal à assurer leur travail. « C’est compliqué car on doit réorganiser tous les plannings en fonction de tout le monde », poursuit Stevens.

Des contraintes qui touchent énormément d’enseignes comme Apple, Nike, C&A ou encore San Marina, qui faute d’effectifs sont contraintes de baisser leur rideau plus tôt le soir parfois dès 18h30 au lieu de 20h30.

Il n’y a pas qu’au Westfield Les 4 Temps que les commerçants commencent à déprimer. Le Marché de Noël qui grouille habituellement de monde se vide progressivement tout au long de la journée. « En dix-sept ans mon patron n’a jamais vu ça. Ce qui nous sauve c’est que la ligne 1 du métro fonctionne », lâche Florent, un vendeur de charcuterie au canard catalan.

Pour son premier Marché de Noël à La Défense, cette grève fait aussi déprimer Marianne qui vend de la maroquinerie. « C’est énorme le soir mais aussi toute la journée. Les gens n’ont qu’une préoccupation c’est de rentrer chez eux, commente t-elle. Pourtant ça avait bien démarré ».

Désormais tous espèrent que la grève va s’arrêter rapidement et que les affaires vont enfin pouvoir reprendre à quelques jours de la période la plus importante de l’année pour le commerce.