Les bricoleurs ne pourront bientôt plus venir s’approvisionner à La Défense. Ouvert en grande pompe en avril 2008 -sept ans après le départ de l’ancien Bricorama fermé en janvier 2001- à la place de l’ancien cinéma UGC, le Castorama des 4 Temps, véritable vitrine de l’enseigne de bricolage et locomotive du mall des 4 Temps n’ira pas au-delà sa douzième année. Le groupe britannique de magasins de bricolage Kingfisher, la maison mère de Castorama et Brico Dépôt, a annoncé mercredi qu’il envisageait la fermeture d’ici deux ans de quinze magasins Castorama et Brico Dépôt en Europe (neuf Castorama et deux Brico Dépôt en France), dont le Castorama de La Défense jugeant leur rentabilité insuffisante.

Dans le quartier d’affaires, le grand vaisseau amiral de Castorama avec ses 9 000 mètres carrés répartis sur deux niveaux devrait fermer selon les plans de l’enseigne au plus tard en avril 2020. Mais à La Défense ce ne serait pas tant la rentabilité qui aurait motivé la fermeture mais le coût très élevé du loyer avec le centre commercial des 4 Temps. Car selon la CGT le magasin de La Défense ne serait pas le moins rentable de France et se glisserait en 62ème position sur les 102 Castorama français.

122 salariés concernés par cette fermeture à La Défense

L’annonce surprise a fait l’effet d’un coup de tonnerre ce mercredi matin pour les 122 salariés de la boutique des 4 Temps. Dans les allées les visages étaient fermés pour bon nombre de vendeurs. « Je n’ai pas encore digéré la pilule, c’est une nouvelle qui n’est pas agréable. C’est une famille ici et du jour au lendemain on apprend cette nouvelle », confie Guy-Rolland salarié du magasin de La Défense depuis trois ans. Marie elle aussi a du mal à accepter la nouvelle : « Je suis déçue, c’est une bonne boîte, les collègues sont géniaux. La Défense c’était le magasin vitrine, toutes les réunions étaient faites ici ». Marie se dit d’autant plus surprise car l’enseigne venait de prolonger son bail pour trois ans avec le centre.

Si la direction de l’entreprise assure que des solutions seront proposées pour ses 789 collaborateurs concernés, à la CGT on en doute. « 70 % des salariés chez Castorama sont au smic, tout claquer pour aller ailleurs, moi je n’y crois pas », regrette, Xavier Gaspard, représentant CGT Castorama.

Du côté des clients cette fermeture déçoit. « C’est vraiment dommage, car ce Castorama il est pratique, il n’y pas besoin d’aller trop loin en banlieue quand on habite à Paris », regrette Marc, salarié du quartier d’affaires. Un avis partagé par Medina : « C’est regrettable qu’il ferme, on trouvait de tout ici. En plus ça va encore faire du mal pour l’emploi ».

En 2018, Kingfisher a vu son bénéfice chuter de 13 % à 693 millions de livres (809 millions d’euros), en grande partie à cause de Castorama. Une érosion des ventes qui vient de coûter sa place à Véronique Laury, la directrice générale de Kingfisher. Mais pour Xavier Gaspard, la stratégie d’unification des marques qu’elle avait mis en place aura été néfaste. Le groupe avait décidé à l’époque de centraliser les achats de toutes ces enseignes (Castorama, Brico Dépôt, Screwfix, B & Q…) à Londres. « L’avenir de Castorama est où ? c’est quoi l’utilité de garder deux enseignes différentes ? on ne comprend pas cette stratégie d’unification des marques car elle ne marche pas ! », s’agace Xavier Gaspard.