Bloqué par des grévistes, un conducteur de la ligne T2 du tramway (Portes de Versailles – Pont de Bezons) a été violemment pris à partie. La scène s’est déroulée vendredi 6 décembre vers 5h30 du matin aux abords de La Défense, à la Garenne Colombes juste devant le dépôt de bus RATP de Charlebourg. Une vidéo d’une minute largement partagée sur Twitter montre l’altercation.

Des grévistes appartenant visiblement à l’entreprise publique avaient bloqué avec des poubelles les voies où circulent les tramways. Une rame en provenance du Pont de Bezons et à destination de Paris via La Défense s’est alors retrouvée coincée.

« Voilà comment ça se passe à Charlebourg, laisse ça là. Enculé ! »

Le conducteur non-gréviste de la rame est donc descendu pour dégager les obstacles. Un geste qui n’a pas plu du tout aux grévistes qui l’ont copieusement insulté. « Voilà comment ça se passe à Charlebourg, laisse ça là. Enculé ! » lui crie un manifestant lui demandant s’il « n’a pas honte ». « Nettoie sale chien, on va le boxer ; tu vas voir ta gueule », hurle-t-il également lui disant d’aller « bouffer la pute à Macron ». Alors que le machiniste tente de dégager les conteneurs à verres sous ce flot d’insultes, un gréviste s’approche de lui et assène un coup de pied dans l’une des poubelles ramassées quelques secondes plus tôt avant de repartir en direction de ses collègues.

Un acte que la RATP « condamne fermement » parlant d’un « incident isolé » sans pouvoir confirmer cependant que les agresseurs, peu visibles dans la vidéo ne soient des salariés de l’entreprise publique. La régie dit apporter « son soutien au machiniste » invectivé. « En période de mouvement social, la priorité de la RATP est d’assurer la continuité de la mission de service public tout en respectant le droit de grève », ajoute la RATP.

Cette agression verbale a également choqué l’association « Plus de trains » qui s’est exprimée sur son compte Twitter « Plus de trams » : « Scène honteuse sur le tramway T2. Il y a un droit de grève, il n’y a aucun droit à humilier ceux qui choisissent de ne pas faire grève pour assurer un minimum de service ».

Sur Twitter plusieurs personnes ont également tenu à apporter leur soutien au machiniste.