La SNCF vend ses cars Ouibus à Blablacar

La SNCF va céder à Blablacar sa filiale de voyages en cars Ouibus. Parallèlement l’entreprise ferroviaire va entrer aussi au capital du covoitureur.

Un car Ouibus à La Défense en mai 2016 - Defense-92.fr

La SNCF passe le volant à Blablacar. C’est une annonce que personne n’a vraiment vu venir, la SNCF vient d’annoncer qu’elle allait céder son activité de voyage en cars longue distance Ouibus à Blablacar, la plateforme spécialisée dans le co-voiturage.

Créée en 2012 sous le nom d’iDBUS avant devenir Ouibus en 2015 grâce à la réforme d’Emanuel Macron alors ministre de l’économie, l’entreprise ferroviaire a donc choisi de se séparer de ses cars bleu et rose. L’acquisition de Ouibus, pour un montant non dévoilé, se fait à la faveur d’une nouvelle augmentation de capital par BlaBlaCar à hauteur de 101 millions d’euros. La SNCF ne va cependant pas totalement laisser filer ses cars puisqu’elle va prendre une part du capital de Blablacar, non précisée officiellement, mais qui « restera très minoritaire ».

Si la grande majorité des lignes française sont aujourd’hui exploitées en franchise par des sous-traitants, une centaine de salariés, principalement des chauffeurs sont employés par la filiale de la SNCF. Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) va être mené par la compagnie ferroviaire qui explique que quelques 400 postes de reclassement seront proposés dans son groupe notamment dans sa filiale de cars Keolis.

Reste que cette annonce surprise a été un choc pour le personnel Ouibus. « Nous sommes abasourdis, a réagi un représentant des salariés de Ouibus interrogé par Le Monde, conducteur lui-même et donc concerné personnellement par le PSE. On nous explique que nous serons tous reclassés mais si on regarde les emplois possibles on passe de 2 200, et même plus, à 1 500 euros de salaire. Des gens ont fait des emprunts, acheté des maisons… Tout le monde est écœuré ».

Quant à l’utilisation de la marque Ouibus, elle va se poursuivre, du moins pour les prochains mois. Mais pour la suite rien ne semble décidé puisque désormais la SNCF utilise le terme « Oui » pour une grande partie de ses offres commerciales comme les TGV InOui et l’offre lowcost Ouigo. Le nouveau propriétaire de ces cars pourrait donc nommer autrement son offre de voyages.

Arrivé à La Défense en octobre 2015, Ouibus propose aujourd’hui plusieurs liaisons directes quotidiennes ou hebdomadaires vers Caen, Rouen, Deauville ou encore le Havre. La compagnie effectue ses départs comme ses deux concurrents Flixbus et Isilines depuis le terminal Jules Verne.