Les difficultés s’accumulent pour la ligne E du RER depuis son extension en mai dernier vers le quartier d’affaires de l’Ouest parisien. Alors que la seconde phase du prolongement d’Eole vers Mantes-la-Jolie va prendre un sacré retard, c’est au tour des rames RER NG flambant neuves de causer des difficultés à la SNCF.
Conçu et fabriqué par le français Alstom, le RER NG doit progressivement remplacer les anciennes rames MI2N, en circulation depuis la naissance du RER en 1999. Cependant, depuis l’ouverture du prolongement entre Haussmann-Saint-Lazare et Nanterre-La Folie, la régularité du RER E s’est fortement dégradée, avec une ponctualité tombée à 87,9 % en janvier, selon Île-de-France Mobilités (IDFM).
Plusieurs facteurs expliquent ces problèmes en cascade. Le nouveau tunnel percé entre l’ancien terminus à Haussmann-Saint-Lazare et La Défense présente des soucis de ventilation. Mais le principal problème émane de l’adhérence des RER NG, qui perturbe le fonctionnement des trains en raison d’une incompatibilité entre les graisses utilisées par les RER NG et celles des anciennes rames MI2N. Ces graisses, appliquées pour limiter l’usure des roues, ne se mélangent pas correctement, provoquant un phénomène de patinage et obligeant à des interventions régulières pour nettoyer les rails.
Face à ces pépins, SNCF Voyageurs, qui exploite les lignes D et E du RER via sa branche Transilien, a demandé à Alstom d’interrompre la livraison des RER NG. « SNCF Voyageurs a donc décidé de suspendre la réception de nouvelles rames (du RER NG), afin de stabiliser la situation en exploitation », a indiqué la compagnie, confirmant une information du média spécialisé Mobilettre.
« Une solution temporaire a été mise en place par SNCF Voyageurs pour réduire le volume de graisse émis par le RER NG. Alstom et SNCF participent désormais à la mise en œuvre d’une solution pérenne », explique de son côté Alstom à l’AFP.
À terme, les deux lignes de RER devraient disposer d’un parc de 262 rames, réparti en 130 pour le RER E et 132 pour la ligne D. Île-de-France Mobilités (IDFM), qui finance l’acquisition du matériel dit suivre « cette situation avec attention ».