La fin de la relève sur le RER A se fait toujours attendre

Le syndicat des transports de la région parisienne, Ile-de-France Mobilités va lancer au début de l’année 2019 une nouvelle étude de faisabilité pour faire disparaitre l’interconnexion du RER A en gare de Nanterre-Préfecture.

Ile-de-France Mobilités va lancer début 2019 une étude en vue de la suppression de l'interconnexion du RER à Nanterre-Préfecture - Defense-92.fr

La relève du RER A sautera-t-elle enfin un jour ? Supprimée il y a dix ans sur la ligne B du RER en gare du Nord, l’interconnexion de Nanterre-Préfecture sur le RER A pourrait bientôt disparaitre également. Le syndicat des transports pour la région parisienne, Ile-de-France Mobilités (IDFM) va lancer au début de l’année 2019 une nouvelle étude de faisabilité en vue d’abolir cette mesure.

Cette fameuse interconnexion de Nanterre, est l’endroit où les cheminots de la RATP et de la SNCF se relèvent. Exploitées en majorité par la RATP, deux branches de la ligne la plus fréquentée d’Europe avec 1,2 million de voyageurs quotidiens, le sont toutefois par la SNCF. L’entreprise ferroviaire est en effet l’opérateur des tronçons de Cergy et Poissy depuis Nanterre-Préfecture. Cette situation perdurant depuis la création de la ligne est à l’origine depuis toujours de nombreux soucis de régularité.

« Il faut une gestion totalement unifiée du RER A avec un seul et même conducteur tout le long de la ligne », explique Arnaud Bertrand, le président de l’association d’usagers Plus de Trains, qualifiant cette situation « d’aberration ».

« Il va falloir que l’on se mobilise quand l’étude sera lancée pour peser sur les conclusions », confie Arnaud Bertrand qui promet « une action dans les prochains mois à Nanterre » pour faire enfin bouger les choses.

Une promesse de campagne de Valérie Pécresse

Cette fin de la relève, qui avait été une promesse de campagne de Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France et d’IDFM, consisterait donc dans les prochaines années à ce que les cheminots des deux entreprises conduisent d’un bout à l’autre de la ligne un train. Cela permettrait ainsi d’éviter les attentes des RER de deux minutes à Nanterre-Préfecture (contre une quarantaine de secondes en moyenne pour les autres arrêts) mais aussi et surtout les retards ou absences lors des relèves. Sur le RER B, cette mesure avait permis d’améliorer significativement la régularité de la ligne de 78 % en 2009 à 83,1 % en 2013.

Pour ce faire, l’ensemble des fonctionnaires des deux opérateurs (comme c’est le cas pour le RER B) devraient être formés à conduire sur l’ensemble de la ligne, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, les règles n’étant pas totalement identiques pour les deux entreprises publiques sur leurs tronçons respectifs.

Mais il y a quelques années une précédente étude d’IDFM (alors Stif) avait démontré que l’abandon de la relève ne permettrait de gagner qu’une vingtaine de secondes. La RATP et la SNCF faisaient alors valoir que Nanterre-Préfecture étant le point de convergence de deux branches (Cergy/Poissy et Saint-Germain-en-Laye) ainsi que de la ligne L Nord, de la J, les trains y stationnent de toute façon suffisamment longtemps pour que la relève soit indolore.

Quant à une éventuelle cession des branches de Cergy et Poissy (qui sont parmi les moins ponctuelles de tout le réseau francilien) de la SNCF à la RATP, cela semble très difficile. Tout simplement parce que ces mêmes voies du RER A sont également utilisées par les trains de la ligne L Nord, de la J, ceux des grandes lignes en direction de la Normandie ainsi que par des trains de marchandises. Un trafic dense qui explique en partie les mauvais résultats de ces deux branches.