Un peu plus d’un mois après avoir fait de La Défense leur cible pour dénoncer « l’art de l’optimisation fiscale », les « Gilets jaunes » étaient de retour ce samedi 18 mai dans le quartier d’affaires. Alors que le 6 avril dernier le cortège parti de Paris s’était achevé au pied de la Grande Arche, pour cet acte 27, c’est de La Défense que le cortège s’est élancé à destination de Paris.

Rassemblés dès la fin de matinée au pied de la tour Total, lieu symbolique de la finance et de l’énergie, les organisateurs de cette manifestation voulaient ainsi revenir aux sources du mouvement pour fêter ses six mois. Des slogans hostiles au géant pétrolier comme « On est devant les plus gros voleurs, Total », ont été scandés par certains manifestants qui chantaient aussi « Emanuel Macron, oh tête de con, ont vient te chercher chez toi,… ».

Vers 13 heures quelques 1 600 personnes sont partis dans une ambiance bon enfant dans les rues de Courbevoie en prenant l’avenue Gambetta, puis la rue Baudin, le boulevard Saint-Denis et enfin le Pont de Courbevoie pour se diriger vers le Sacré-Cœur à Paris en traversant Neuilly-sur-Seine.

Le RIC toujours l’une des principales exigences des Gilets jaunes

Mais si les organisateurs voulaient recentrer cette journée notamment sur le pouvoir d’achat, dans la foule les revendications étaient toujours disparates et le RIC (Référendum d’Initiative Citoyen) dans beaucoup de têtes. « Je veux que Macron soit viré, si on peut avant la fin de l’année et qu’aux Européennes il arrive au moins troisième pour qu’il se prenne une bonne déculottée », lâche Hervé, 56 ans. « On veut de la démocratie participative », confie pour sa part Laurence qui fait du « RIC » sa première exigence. « Je demande de pouvoir vivre et non survivre », explique Claude, jeune retraité. Avec sa compagne Patricia, cet habitant de la Seine et Marne affirme qu’il touche une retraite de 2 160 euros. « J’aimerais que le président soit vraiment un président et qu’il instaure le RIC pour que l’on puisse décider de notre vie nous-mêmes », poursuit Claude.

« On n’a rien à fêter. La mobilisation continue s’il faut ça durera six mois et encore six mois. On est partis sur un marathon, car on n’est pas entendus », affirme Jérôme Rodriguez, l’une des figures du mouvement qui était dans le cortège ce samedi. Si cette journée aura été la plus faible en termes de mobilisation avec 15 000 personnes réunies dans plusieurs villes en France, pour Jérôme Rodriguez il n’y a pas de relâche. « Non, le mouvement ne s’essouffle pas. C’est ce que veut faire croire le gouvernement », affirme Jérôme Rodriguez qui appelle à faire un vote « anti-Macron » pour les Européennes.