Ils sont inquiets et l’ont fait savoir. Environ 150 salariés de l’usine Thales de Pont-Audemer dans l’Eure qui fabrique des cartes SIM se sont rendus à l’appel de la CGT, la FO et la CFE-CGC dans le quartier d’affaires ce vendredi pour protester contre un projet de restructuration de leur site. Au pied de la tour Carpe Diem qui abrite le siège du groupe français d’électronique, les ex-Gemalto, dont l’entreprise a été rachetée voilà plus d’un an par Thales, s’inquiète d’un projet de suppression de 150 postes sur les quelques 330 que compte actuellement l’usine normande.

Alors que la vente de smartphones dans le monde ne cesse de progresser, la baisse des coûts, la concurrence et surtout l’arrivée programmée de la e-SIM condamnent à terme cette célèbre petite carte à puce. Un avenir sombre pour la SIM que souhaite anticiper Thales en incitant à des départs volontaires.

Ce plan, s’il venait à se concrétiser, pourrait entrainer selon les syndicats la disparition du site qui fabrique chaque année quelques 300 millions de cartes SIM. Si les organisations syndicales reconnaissent que la carte SIM n’a plus un réel avenir, elles demandent en revanche au groupe de réorienter la production de l’usine pour sauver l’emploi dans une région très peu industrialisée. « Oui la carte SIM va être remplacée par l’e-SIM, mais nous on pense que l’on peut revitaliser le site en gérant cette décroissance progressive et en utilisant les compétences des salariés sur place pour d’autres activités », confie Laurent Trombini, coordinateur CGT Thales qui estime que l’usine normande pourrait se lancer dans la création de cartes électroniques pour le domaine militaire.

Reçus en délégation par la direction du groupe, les représentants syndicaux sont ressortis déçus de leur rencontre. « Pierre Croisy (le directeur des ressources humaines et des affaires sociales de Thales, ndlr) nous assure que tout va être exploré et étudié pour préserver l’emploi sur le site alors que leur rapport d’expertise exclue toute réindustrialisation et prévoit uniquement une revente à un sous-traitant ou un partenaire, s’est exprimé à l’issue de la réunion un représentant syndical. Quand on a montré cette incohérence à Pierre Croisy il nous a simplement dit que les choses peuvent évoluer et qu’il suffit de faire confiance ».

Tout n’est pas cependant encore plié pour les salariés de Pont-Audemer puisque le groupe français n’exclue pas de baisser le nombre des suppressions de postes mais refuse en revanche de s’engager par écrit auprès des syndicats sur une non-cession de l’usine. Les salariés eux ne comptent pas lâcher le combat et entendent bien continuer à se mobiliser.