Quel est le point commun entre Deloitte, l’un des plus gros cabinets d’audit au monde et l’enseigne de mode anglaise New Look ? Au premier abord aucun, sauf que oui il y a bien un lien entre les deux entreprises. Ce lundi matin une quinzaine de salariés de New Look emmenés par Laurent Degousée, co-délégué Sud Commerce ont envahi les bureaux de Deloitte, au 21ème étage de la tour Majunga pour protester contre la mort annoncée de l’enseigne en France. Avec cette action coup de poing révélée par Le Parisien, les salariés de New Look voulaient obtenir de Deloitte des réponses sur la restructuration à laquelle le cabinet d’audit américain a travaillé dernièrement.

Après plusieurs minutes d’attente un membre de Deloitte a finalement reçu une délégation des manifestants, rapporte Le Parisien. Il s’est engagé à faire passer notre message aux Anglais », relate Laurent Degousée. Joint par téléphone par le quotidien, l’un des responsables de Deloitte s’est en revanche défendu de devoir faire le relai entre les salariés et la direction anglaise : « Nous avons été missionnés par New Look pour établir un diagnostic financier de l’entreprise et trouver un nouveau repreneur, affirme-t-il. Je n’ai pas toutes les dates en tête mais ma mission a pris fin il y a plus de deux mois et demi… »

Annoncé en septembre dernier le projet du groupe anglais en proie à d’importantes difficultés financières de fermer 21 de ses 29 boutiques françaises avait fait l’effet d’une bombe auprès de ses salariés. Parmi la longue liste figurait le magasin des 4 Temps ouvert en grande pompe en 2011. Alors que la boutique de La Défense doit toujours officiellement baisser son rideau dans un an, en mai 2020 (au moment de la fin de son bail) ses effectifs ont fondu depuis neuf mois. Sur les 43 personnes en CDI qui constituaient son effectif il ne resterait plus qu’une petite trentaine de salariés selon Laurent Degousée.

Mais neuf mois plus tard et après quelques boutiques déjà fermées comme celle de Calais et dernièrement des Halles à Paris, le groupe souhaite désormais tirer un trait sur le marché français en passant par la case d’une liquidation judiciaire. Cette option vers laquelle se dirige désormais l’entreprise entrainerait à court terme en l’absence d’un repreneur la fermeture de toutes les boutiques du pays et la suppression d’environ 400 salariés.

« On sait que nos emplois sont condamnés, se résigne au Parisien David Muntoni, salarié chez New Look depuis quatre ans. Ce que l’on souhaite aujourd’hui, c’est qu’ils nous rendent des comptes. On veut que les salariés qui ont transpiré pour cette boîte puissent partir dignement ».

« L’enjeu ce n’est plus d’empêcher les licenciements, c’est de faire en sorte que les gens partent correctement », martèle de son côté Laurent Degousée.