Le passage au 2.0 n’est pas toujours une réussite. Alors qu’il y a encore quelques années de longues files d’attente se formaient chaque matin devant les préfectures un peu partout en France, depuis le passage à la dématérialisation, c’est la galère pour les démarches administratives des étrangers.

Après avoir déposé dans la matinée une cinquantaine de recours dans plusieurs tribunaux administratifs franciliens (Montreuil, Cergy, Melun…) plusieurs étrangers qui s’était réunis ce mercredi devant la préfecture de Nanterre se sont dirigés vers La Défense. Soutenus par plusieurs associations dont le Secours Catholique et ATMF, environ 150 personnes se sont réunies brièvement sur le parvis de La Défense pour demander des rendez-vous à la préfecture.

« Ça fait depuis juin que j’essaye de prendre un rendez-vous sur internet »

Si avant les demandeurs devaient attendre des heures et passer parfois la nuit devant les préfectures ils étaient presque assurés de rencontrer un agent administratif, mais désormais c’est donc sur internet que ça se passe. Car depuis la dématérialisation sur le web des démarches administratives pour les étrangers, c’est le bazar. Le site de plusieurs préfectures comme celle des Hauts-de-Seine à Nanterre ne délivre que peu de rendez-vous par jour et pour les demandeurs l’attente peut être longue, très longue.

« Ça fait depuis juin que j’essaye de prendre un rendez-vous sur internet », se désole Mohamed, 47 ans. Ce marocain qui vit en France depuis 2005 explique avoir passé plus de quatorze ans dans la quasi-clandestinité en raison de sa difficulté à réunir tous les documents pour obtenir un titre de séjour. Aujourd’hui en possession de tous ses justificatifs Mohamed ne cache pas son désarroi devant la difficulté à obtenir ce précieux rendez-vous avec les services de l’État. « Je suis 24 heures sur 24 sur leur site et on me dit toujours qu’il n’y a plus de place », se désole-t-il.

Au cri de « On veut des rendez-vous » le groupe de manifestants réuni au pied de la Grande Arche a mimé la difficulté des démarches en se plaçant symboliquement derrière de faux écrans d’ordinateurs avant de les renverser. « Nous demandons un accès efficace. Il y a des gens qui doivent attendre plus d’un an et demi », confie Juliette du Secours Catholique.