La plus haute tour de France évacuée en quatre-vingt minutes

Un exercice d’évacuation général a été organisé ce vendredi dans la tour First, le plus haut gratte-ciel de France. Environ 3 200 salariés ont été évacués en quatre-vingt minutes.

Environ 3 200 salariés de la tour First ont été évacué ce vendredi en moins de quatre-vingt minutes - Defense-92.fr

Scène inhabituelle au pied de First. Des milliers de salariés de la plus haute tour de France ont été évacués ce vendredi après-midi dans le cadre d’un exercice grandeur nature. « C’était un scénario d’un feu de grande ampleur qui s’est propagé sur plusieurs compartiments (des étages, ndlr) », explique un membre de la BSPP.

Pour se préparer au pire, les responsables du building inauguré en 2011 ont organisé une évacuation générale de cette tour haute de 225 mètres pour une cinquantaine d’étages. Parti du sommet de la tour, le scénario est catastrophique : un incendie se déclenche au 38èmeétage. Les systèmes automatiques de sécurité sont défaillants et le compartimentage obligatoire de résistance au feu de deux heures ne fonctionne pas. Le feu se propage alors aux autres étages et la situation devient rapidement difficilement contrôlable. Une décision rarissime est prise par les pompiers, Il faut évacuer l’ensemble des personnes présentes dans le bâtiment (En temps normal seuls les étages concernés par un feu sont évacués).

A 14h50 les premiers occupants des étages les plus proches du sinistre sont invités à quitter les lieux, puis les autres vont suivirent par vague. En quatre-vingt minutes et dans le calme, 3 200 salariés du gratte-ciel vont rejoindre la sortie par les escaliers et se masser au pied du building sur la place des Saisons, lieu de rassemblement en cas d’évacuation.

« On a toujours dans le coin de la tête une inquiétude » 

Pour rendre l’exercice encore plus crédible une vingtaine de soldats du feu et six camions de pompiers ont été mobilisés. Les occupants qui n’avaient pas été avertis qu’il s’agissait d’un test le sont, une fois arrivés au pied du building par des petites affiches. Obligés de patienter jusqu’à la fin de l’exercice qui s’est achevé peu après 16 heures, au pied de First, les milliers de salariés s’occupent sous un grand ciel bleu. Beaucoup discutent, rigolent certains continuent leur réunion assis sur les bancs tandis que d’autres en profitent pour démarrer le weekend plutôt en allant au bistrot.

Sur les visages de chacun peu d’inquiétudes : les salariés de la tour First restent sereins, même si certains n’oublient pas le 11 septembre. « On a toujours dans le coin de la tête une inquiétude », confie Mathias, qui travaille au 36èmeétage de la tour chez Euler Hermes tout en restant rassuré. Pour son collègue Arnaud, pas d’inquiétude non plus : « On voit que les équipements sont aux normes ». En plein travail, ils ont dû tout arrêter et descendre les 36 étages à pied, par les escaliers. « On a mis une quinzaine de minutes », affirme de son côté Yann.

Plus bas dans la tour, Isabelle, salariée chez EY depuis une vingtaine d’années est en charge d’aider les équipes de sécurité à évacuer ses collègues d’étage. Elle est ce que l’on appelle « Serre-file ». « Je suis là pour m’assurer qu’il n’y a plus personne dans les bureaux et les toilettes, explique-t-elle. Nous avons des formations régulièrement ».

Si l’exercice s’est bien passé et que presque tout le monde voit d’un bon œil ce type d’entrainement, Hamza, d’EY redoute lui le comportement de certains en cas d’une véritable catastrophe : « Je suis plus inquiet de la réaction des gens en cas de problème réél ».

La tour First – Defense-92.fr