Ambiance irréelle ce lundi matin à La Défense. Alors qu’à 9 heures le parvis grouille habituellement de salariés pressés de rentrer dans leurs tours respectives, ce lundi matin le quartier d’affaires avait des allures d’un lundi de Pentecôte (jour où certain salariés travaillent). Seul quelques milliers de salariés se sont rendus à leur bureau malgré l’épidémie du Coronavirus (Covid-19).

Un masque sur le visage Khalid se dirige d’un pas pressé vers sa tour. « Je suis venu chercher mon ordinateur pour faire du télétravail », confie ce salarié de Dalkia. Son passage ce lundi matin sur la dalle, Khalid s’en souviendra. « Je n’ai jamais vu ça dans les transports », explique t-il.

Une mesure de télétravail qu’ont massivement imposé les entreprises du quartier d’affaires de l’Ouest parisien. « Les salariés sont incités à faire du télétravail », glisse-t-on à la Société Générale, l’un des plus gros employeurs de La Défense.

« Le plus important c’est la santé »

Habitué à faire du télétravail chaque semaine, Isabelle s’est pourtant rendue à La Défense ce lundi. Cette salariée de CGI explique qu’elle est venue avant tout car elle a un rendez-vous à la mi-journée chez son dentiste. Alors que tout le monde attend la mise en place d’un confinement ce soir, Isabelle explique qu’elle va désormais favoriser le télétravail pour les prochaines semaines. « Il faut rester positif et garder la foi », ajoute-t-elle.

D’autres salariés n’ont pas d’autre choix que d’être présents à leur travail. Cet impératif concerne notamment les ouvriers dont les chantiers fonctionnent encore. « On a des consignes de notre entreprise d’éviter les contacts, lâche un responsable d’un chantier de rénovation d’un immeuble de La Défense. Mais oui on a peur ». Mais d’ici quelques heures et le confinement du pays à venir, les chantiers devraient s’arrêter. « On s’y prépare, poursuit ce chef d’équipe. Le plus important c’est la santé, le retard du chantier on s’en fou ».

Autre métier où il y a beaucoup de contacts humains c’est celui des livreurs. « Je suis inquiet, je prends des précautions », ajoute Bernard, un livreur de Chronopost. Quand le confinement sera mis en place, il l’affirme : « Je ne viendrai pas travailler ».

Mais il y a aussi des métiers indispensables. C’est ceux de toutes les personnes qui travaillent dans les commerces alimentaires. « Je suis inquiète mais on prend des précautions, confie une jeune salariée de l’hypermarché Auchan où une ambiance pesante régnait ce lundi matin. En revanche elle l’assure elle continuera à venir travailler ».