Alors que Veolia pensait passer un bel été à La Défense à rafraichir les passants, l’entreprise doit faire face à un imprévu. Partenaires de Garden Paris, l’événement festif de Paris La Défense qui s’est ouvert le 11 juillet dernier, Veolia et le Syndicat des Eaux d’Ile-de-France (Sedif) proposent durant toute la durée de l’animation sur leur stand de venir se désaltérer en buvant de l’eau du robinet -plate ou pétillante- tout en s’amusant et apprenant. Mais depuis quelques jours une véritable psychose sur une contamination de l’eau du robinet en Ile-de-France a envahi la toile.

Largement partagée sur les réseau sociaux, l’information relayée par les médias se veut inquiétante : l’eau de 6,4 millions de personnes serait contaminée par du tritium, une forme d’hydrogène radioactif mais aussi au titanium. 268 communes françaises dont de « grandes agglomérations » comme Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes, et 122 communes d’Ile-de-France seraient ainsi touchées, selon l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO). Puteaux, Courbevoie et Nanterre, les trois villes où est implanté le quartier de La Défense seraient concernés.

« Il n’y a aucune raison de s’alarmer »

« Il y a quelques personnes qui nous posent des questions mais il n’y a aucune raison de s’alarmer », explique Paul, l’un des animateurs présents sur le kiosque de Veolia et du Sédif. Pour rassurer les visiteurs du stand, l’entreprise spécialisée dans la distribution de l’eau et le recyclage des déchets a « brieffé » ses équipes d’animateurs. « On nous a envoyé un mail pour informer les gens, poursuit Paul. On leur dit qu’il faut comparer par rapport au taux réglementaire de l’OMS (l’Organisation Mondiale pour la Santé) qui est de 10 000 Bq/l (Becquerel par litre, ndlr)et de 100 Bq/L en France ».


Dans un communiqué l’ACRO reconnaît qu’aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/l. La seule usine de potabilisation de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) « distribue chaque année » dans son eau potable à 10 Bq/L en moyenne, 1,3 TBq (térabecquerel) de tritium, soit 2,5% des rejets de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine », selon l’ACRO. Cette usine alimente 1,9 million d’habitants de 56 communes de la banlieue sud et ouest de Paris, ajoute l’association.

Si les taux restent donc bien inférieurs aux recommandations de l’OMS la panique semble avoir déjà envahi pas mal de personnes. « Une douzaine de personnes sont venues nous poser des questions », affirme Paul. Mais malgré leurs réponses qui se veulent plutôt rassurantes certains préfère boycotter l’eau du robinet.

« J’ai arrêté de boire pour le moment »

Attablé avec deux amies autour d’une petite table, Sarah se méfie. « On a eu l’info après avoir bu. J’ai une amie qui vient de m’envoyer un message pour m’avertir. J’ai arrêté de boire pour le moment. Ça m’inquiète que l’eau soit contaminée », soupire Sarah. Même son de cloche pour Van qui dit qu’elle va désormais acheter de l’eau en bouteille. « J’ai un petit garçon et je ne veux pas l’exposer. Il faut que le gouvernement nous rassure », confie-t-elle tout en admettant que cela pose un vrai problème écologique sur le fait d’acheter de l’eau en bouteille.

Mais tout le monde ne semble pas inquiet. « Ils nous ont rassurés en nous disant qu’ils étaient bien en-dessous des valeurs. Je pense que globalement ils sont assez bien contrôlés », estime pour sa part Nicolas, juste après avoir avalé son verre d’eau gratuit offert par Veolia. Sa compagne Juliette partage le même avis : « Je préfère ça à la pollution du plastique avec les bouteilles d’eau. On va tous bien, ça ne m’inquiète pas ».

Pour la préfecture l’eau peut être consommée « sans restriction »

Et il n’y a pas que Veolia qui tente de désamorcer cette panique. Les autorités ont depuis quelques jours envoyé plusieurs messages tous plus rassurants les uns que les autres. Sur son compte Twitter, la préfecture des Hauts-de-Seine affirme que l’eau peut être consommée par les Alto Séquanais « sans restriction ». « Dans les Hauts-de-Seine, le contrôle sanitaire sur ce paramètre est réalisé soit mensuellement soit trimestriellement en sortie des différentes usines de production d’eau potable, écrit la préfecture dans un communiqué. Les résultats observés par ce contrôle sanitaire réglementaire établis par l’Agence Régionale de Santé (ARS) sont compris entre 0 et 24 Bq/L (valeur maximum) sur les dix dernières années en sortie d’usines. La moyenne se situe autour de 3 Bq/L.

Pour ceux qui sont inquiets par cette affaire, le stand « L’Eau en V.O » de Veolia et du Sédif est à découvrir tous les jours jusqu’au 25 août prochain à Garden Parvis. Outre les dégustations d’eau plusieurs animations quotidiennes sont également organisées avec entre autres un quizz sur l’eau sera proposé tous les jours à 16 heures. Un jeu concours, avec un photo call et des carafes en verre sont à gagner tout le long de l’été. Les visiteurs peuvent également découvrir la production et la distribution de l’eau et la carte de distribution de l’ouest parisien. Enfin une « Kids zone » proposant aux plus jeunes un mini-laboratoire et des expériences autour de la thématique de l’eau est prévu pour les enfants dès huit ans tous les mercredis et samedis de 14 heures à 18 heures sur inscription (10 places disponibles par atelier).