Le Bistrot à vin tire sa révérence après 38 ans de service

Après 38 ans d'existence, le Bistro à Vin implanté aux pieds des tours Coeur Défense a définitivement fermé ses portes pour laisser sa place à un nouveau projet de restaurant gastronomique en 2018.

Le Bistro à Vin de La Défense en septembre 2015 - Defense-92.fr

Émotion, tristesse mais l’ambiance était aussi à la fête en ce dernier jour d’ouverture du Bistrot à vin. Installé aux pieds des tours de Cœur Défense le long de l’axe historique, le Bistrot à Vin qui a ouvert en 1977 et détenu dès 1983 par la famille Cordesse était devenu une véritable institution dans le quartier d’affaires avant sa fermeture définitive le vendredi 2 octobre.

En ce dernier soir, de nombreux habitués s’étaient donné rendez-vous pour un adieu. Accompagné de ses collègues, attablé avec sa bière Nicolas, un salarié d’Allianz dans la tour Opus 12 qui fait face au Bistrot à vin regrette déjà la fermeture « Je suis triste, c’était notre petit coin familial » regrette t-il.

A la place de la brasserie, Defacto, l’établissement de gestion et d’animation de La Défense qui est le propriétaire des murs souhaite voir un nouveau concept de restaurant gastronomique, attendu par les entreprises pour succéder à un bâtiment à l’origine provisoire qu’il juge « vieillissant ». Un appel à projet a été lancé en juin 2014 par l’établissement sur l’emprise de l’actuel Bistrot à vin augmenté d’un volume attenant sous dalle de l’ordre de 3 000 m² qui était l’ancienne boutique Serap.

Philippe Cordesse, qui avait repris l’affaire en 1996 avec sa femme Guylaine auprès de son oncle explique avoir fait une proposition qui n’a pas été retenue par le jury « Il fallait des millions d’euros pour répondre à l’offre, c’est pour un gros groupe pas pour nous ». L’homme ne cache pas sa colère et sa déception « Le Bistrot à vin avait encore beaucoup de chose à raconter, ils n’ont pas cherché à nous consulter » confie Philippe Cordesse qui a dû se séparer de ses dix-huit salariés tous licenciés économiquement.

Les responsables du restaurant détenaient une concession de 18 ans qui avait été signée en 1977 à l’époque avec l’Epad, puis avait été prolongé pour 12 ans jusqu’en 2007. A cette échéance, Bernard Bled, alors directeur de l’établissement de l’aménagement de La Défense avait déjà pour projet de moderniser le lieu avant d’avant d’abandonné l’idée. Le bail de la brasserie sera alors prolongé chaque année jusqu’à cette année 2015.

Si Defacto dit comprendre sa déception, l’établissement se défend d’avoir mené cette opération contre quiconque. « On ne peut pas renouveler d’une année à l’autre un bail » explique Hervé Bonnat le porte parole de l’établissement qui justifie que l’appel à projet est une obligation pour un établissement public qui doit procéder à une mise en concurrence pour tout nouveau projet et marché.

Le lauréat du projet choisi par un jury de professionnel de la restauration sera révélé avant la fin de l’année et le nouvel établissement devrait ouvrir en 2018.