Partout en France les restaurateurs tentent de retrouver un peu le sourire depuis ce mardi 2 juin, date de la réouverture des restaurants et cafés. À La Défense la reprise d’un service est un peu plus compliquée qu’ailleurs. D’une part car le quartier d’affaires est encore et toujours largement déserté par les dizaines de milliers de salariés qui poursuivent le télétravail mais aussi car seuls les services en terrasses sont possibles dans la région parisienne.

Malgré toutes ces contraintes, plusieurs établissements de La Défense ont fait le choix de relancer leurs activités ce mardi. « Pour le premier jour nous sommes contents. On avait peur que les gens ne reviennent pas », confie Franckie, gérant de la brasserie Le Mond. Mais alors que le restaurant installé au pied de l’ensemble Cœur Défense réalise en temps normal un service de 200 à 250 couverts par jour, ce mardi il n’en a fait qu’une petite soixantaine. Du coup la brigade d’une vingtaine de salariés a été réduite à seulement six personnes. « On va faire tourner les équipes une semaine sur deux », poursuit le responsable de la brasserie. Mais pour Franckie l’inquiétude est toujours là et désormais il attend avec impatience de pouvoir réouvrir sa salle dès le 22 juin prochain, si les choses ne changent pas. Car le risque avec sa grande terrasse c’est qu’en cas de pluie il ne pourra plus faire de service. Et s’il n’attend pas de retour à la normale avant septembre, le gérant espère retrouver le plus rapidement possible sa clientèle.

Un peu plus bas sur l’esplanade, le patron du restaurant El Karim, véritable institution dans le quartier depuis 1986 garde le sourire. « Pour un premier jour je ne m’attendais pas à avoir plus de clients », explique Karim, patron du lieu. Et l’entrepreneur se dit heureux de retrouver ses habitués : « Je crois que l’on s’est manqué mutuellement ». Mais lui aussi a été obligé de réduire son équipe et de garder six personnes au chômage partiel.

Fred à lui garé son food truck devant le centre commercial du Westfield Les 4 Temps, toujours fermé. Lui aussi garde le moral. « Au début (la première semaine du déconfinement, ndlr) c’était vide mais là je sens le retour des gens », admet-il. Avec ses galettes et crêpes, le gérant affirme avoir réalisé 75 couverts, contre 25, lors de la première semaine du déconfinement.

De leur côté les clients semblent aussi contents de pouvoir s’attabler autour d’un repas. « On est très contents. Nous ne nous sommes pas vus pendant trois mois avec mes collègues. Le système de restauration dans notre tour ne fonctionne pas, du coup on est venu au restaurant », lâche Nathalie, salariée d’un grand assureur basé dans l’une des tours du quartier. « Ça fait du bien depuis tout ce temps de pouvoir retourner au restaurant », ajoute pour sa part Anne.