Êtes-vous prêt à tout quitter pour Béziers ? Après ses campagnes d’affichage polémiques comme « Ils arrivent » en 2015, en référence aux migrants, le sulfureux maire de Béziers, Robert Ménard qui dirige cette ville de l’Hérault depuis 2014 avec le soutien du Front National fait les yeux doux aux parisiens. Jusqu’à mercredi prochain la ville d’Occitanie a lancé à Paris une campagne de pub pour vanter les mérites de son climat et de ses bas loyers. Ces affiches 4×3 sont désormais visibles par les milliers de voyageurs de la ligne A du RER sur les quais de Chatelet, Gare de Lyon et La Défense, en direction de Paris.

Elles mettent en avant des animaux anthropomorphistes profitant des bienfaits de la ville du sud de la France, le tout accompagné d’un titre accrocheur : « J’ai quitté la jungle parisienne ». L’une d’entre elles met en avant un zèbre dans le corps d’un homme en combinaison de surf et tenant sa planche avec comme fond une plage sauvage. « A Béziers j’habite à 15 minutes de la plage », promet la ville. Une autre avec un homme à la tête de tigre confortablement assis dans un fauteuil promet « un loyer de 800 euros par mois pour 150 mètres carrés ». Ou encore celle avec une girafe qui assure qu’à Béziers « il y a plus de 300 jours de soleil par an ».

Une campagne décalée qui attire les regards des passagers. « C’est marrant. J’irai peut être voir ce que ça donne sur leur site internet, confie Solveig. Mais de là à quitter Paris pour Béziers… Je ne vais pas déménager avec une affiche ». Même son de cloche pour Harry : « Ça me fait rire car c’est assez juste pour les prix mais l’affiche ne donne pas spécialement envie de m’installer là-bas ».

« Notre ville a des atouts immenses qui peuvent séduire les candidats au départ. Par exemple, un très vaste réseau d’appartements haussmanniens qui peuvent s’acquérir autour de 1500 euros le mètre carré. On est très loin des prix de la capitale ! », explique le cabinet du maire au Parisien.

Alors qu’à la fin du XIXe siècle Béziers était l’une des villes les plus riches de France, elle a depuis décliné et le chômage s’y est largement installé. Avec cette campagne la ville de Robert Ménard espère à un an des municipales séduire des parisiens en manque de soleil. Peuplé d’environ 80 000 personnes, la ville en bordure de la Méditerrané attire chaque année un millier de nouveaux habitants.

Comme le relate Le Parisien les candidats à vie plus douce doivent s’avoir qu’il n’est pas si facile de rallier la capitale française à la ville de l’Hérault. En TGV il faut compter plus de quatre heures pour un trajet direct. L’édile s’était justement fait remarquer une nouvelle fois en 2017 avec une campagne plus que polémique. On y voyait une femme ligotée sur des rails, paniquée à la perspective d’être écrasée par une vieille locomotive à vapeur le tout accompagné de ce commentaire : « Avec le TGV, elle aurait moins souffert ! ».